Il manque d’attention ? Voici ce que vous pouvez faire !🧐

“Il manque d’attention en classe”. “Il a du mal Ă  rester concentrĂ© sur ce qu’il fait”. Être attentif et rester concentrĂ© sont des dĂ©fis de tous les jours pour nos enfants. Pourtant, parmi les fondements cognitifs des apprentissages scolaires, l’attention est le premier pilier de l’apprentissage. Sans l’attention, les informations ne peuvent pas ĂȘtre traitĂ©es par le cerveau puisqu’elles n’ont pas Ă©tĂ© sĂ©lectionnĂ©es par celui-ci comme Ă©tant importantes. Parents, enseignants, les deux
, comment pouvons-nous aider nos enfants et/ou Ă©lĂšves efficacement ?

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3 Le systùme attentionnel d’orientation et comment en tirer parti – A QUOI faire attention

D’oĂč vient le manque d’attention ?

Attention, il ne s’agit pas ici de parler de dĂ©ficit, de troubles de l’apprentissage sĂ©vĂšres dĂ» Ă  un TDAH par exemple et qui a fait l’objet d’un diagnostic posĂ© par un professionnel mais bien du manque d’attention dont souffrent en gĂ©nĂ©ral tous les enfants Ă  un moment donnĂ© ou l’autre de leur cursus scolaire sans pour autant qu’il y aie besoin de mĂ©dicaments 


Il est d’ailleurs Ă  noter que nous avons de plus en plus recours aux mĂ©dicaments dĂšs qu’un problĂšme d’attention surgit alors qu’il est rarement nĂ©cessaire d’en prescrire. Les enfants ont besoin de bouger et d’expĂ©rimenter pour dĂ©velopper leurs capacitĂ©s intellectuelles, c’est un fait scientifique, le tout est qu’une fois devant l’information Ă  traiter et mĂ©moriser, il puisse se concentrer. Un problĂšme d’attention rĂ©pĂ©titif entraĂźne irrĂ©mĂ©diablement le dĂ©but des difficultĂ©s d’apprentissage pouvant accompagner votre enfant jusqu’à l’ñge adulte. Le but de cet article est de vous montrer comment aider votre enfant en utilisant ses propres ressources dont la plus importante: son cerveau !

ExpĂ©rimenter, essentiel pour le cerveau et pour le bien-ĂȘtre

Le manque d’attention dĂ» Ă  une perturbation des rĂ©seaux neuronaux dit “par dĂ©faut”

Les rĂ©seaux neuronaux de l’attention sont perturbĂ©s par les rĂ©seaux neuronaux dit « par dĂ©faut » : Il est difficile pour un enfant, un adolescent autant que pour un adulte d’ĂȘtre attentif et surtout de rester concentrĂ© plus de quelques minutes sur une tĂąche, sur une leçon. Le cerveau est en effet constamment sollicitĂ© par des rĂ©seaux neuronaux dit « par dĂ©faut » (souvenirs, pensĂ©es intimes, imagination, 
) qui prĂ©valent sur les autres rĂ©seaux notamment sur ceux de l’attention (Mitra A1, 2018).

Le manque d’attention dĂ» aux stimuli externes parasites

Les rĂ©seaux neuronaux de l’attention sont Ă©galement perturbĂ©s par les stimuli externes parasites : Enfants, adolescents, Ă©tudiants, parents, nous Ă©voluons dans un environnement oĂč les sollicitations externes (tĂ©lĂ©phone, internet, open space, camarades de classe, multitĂąches, 
) viennent s’ajouter Ă  cette activation intempestive des rĂ©seaux neuronaux par dĂ©faut.

L’activation du rĂ©seau de l’attention devient une vraie gageure.

Manque d'attention

Comment dĂšs lors lutter contre ce manque d’attention et rester concentrĂ© ?

Comment aider votre enfant, votre Ă©lĂšve Ă  focaliser son attention, Ă  orienter son cerveau vers la recherche et l’enregistrement d’informations utiles Ă  l’apprentissage d’une leçon par exemple et Ă  ensuite rester concentrĂ© sur la tĂąche ?

Les neuroscientifiques distinguent au moins trois niveaux/types de systùmes de l’attention :

  • Le systĂšme d’alerte,
  • le systĂšme d’orientation
  • le contrĂŽle exĂ©cutif.

manque d'attention

Que de bonnes nouvelles ! :

  • Comme les autres systĂšmes neuronaux, le systĂšme de l’attention, en tout cas le systĂšme de l’attention dit « exĂ©cutif » est « plastique ». Autrement dit, nous pouvons apprendre Ă  devenir plus attentif et Ă  rester plus facilement concentrĂ© sur une tĂąche en cours ou sur une information donnĂ©e.
  • Et mĂȘme pour les autres systĂšmes d’attention, respectivement le systĂšme d’alerte et le systĂšme d’orientation, qui sont des rĂ©actions automatiques du cerveau sur lequel nous avons peu ou pas de pouvoir, certaines choses peuvent ĂȘtre mises en place pour rentabiliser ces rĂ©actions automatiques !

Donc, en bref, il y a des choses Ă  faire ! un Ă©lĂšve distrait peut changer si un certain nombre d’outils sont exploitĂ©s !


Le systĂšme attentionnel d’alerte et ses possibilitĂ©s – QUAND faire attention

Le systùme d’ALERTE tout d’abord.

Manque d'attention

A certains moments notre cerveau a besoin d’ĂȘtre plus attentif qu’à d’autres, il dĂ©cide QUAND faire attention.

C’est un moment particulier, Ă©mouvant et/ou excitant par exemple, pendant lequel le cerveau est en condition d’apprentissage maximal. Il va ainsi moduler sa propre vigilance.

C’est le systĂšme d’attention d’alerte qui est privilĂ©giĂ© quand nos enfants jouent aux jeux vidĂ©o par exemple. Les neuroscientifiques eux aussi parfois conseillent les designer de jeux vidĂ©os d’ailleurs car ils savent comment “capter l’attention” des joueurs mieux que quiconque 
 comme on vous l’explique ici.

https://des-outils-pour-apprendre.com/gerer-le-temps-decran/

DĂ©jĂ  de ce systĂšme attentionnel, tout automatique qu’il soit, cĂ d non modulable de façon consciente, nous pouvons tirer des bĂ©nĂ©fices !

Un groupe de chercheur a dĂ©montrĂ© que pour un enfant, jouer par plaisir ou mĂȘme par obligation aux jeux vidĂ©o (cela existe vraiment des enfants qui doivent jouer par obligation ?), augmentait sensiblement les capacitĂ©s d’attention et de perception rapide (Cardoso-Leite P1, 2014). Plus prĂ©cisĂ©ment, les joueurs de jeux vidĂ©o ont des rĂ©sultats meilleurs en ce qui concerne l’acuitĂ© visuelle, le changement rapide de tĂąche, la prise de dĂ©cision rapide, l’attention soutenue et le contrĂŽle exĂ©cutif dont nous reparlerons plus loin dans cet article.

Ces effets sont déjà observés aprÚs un « entraßnement » aux jeux vidéo de 2, 15, 30 min voir 1h/jour et ce pendant quelques jours.

 

Faut-il dÚs lors jouer aux jeux vidéos ?

Manque d'attention

Évidemment, si l’utilisation de jeux vidĂ©o peut s’accompagner de certains effets bĂ©nĂ©fiques, quelques rĂ©serves sont Ă  noter :

 

 

  • D’autre part, Ă©tonnement, ce sont les jeux vidĂ©o violents qui montrent un bĂ©nĂ©fice plus important sur l’attention, alors que ce sont ceux-lĂ  mĂȘmes qui sont dĂ©criĂ©s par les pĂ©dopsychiatres en rĂ©fĂ©rence Ă  leurs effets nĂ©fastes sur la personnalitĂ©, la perception de la rĂ©alitĂ© etc. Au contraire des jeux de contrĂŽle tel que Tetris, qui demandent une attention soutenue sans pour autant ĂȘtre violents, mais qui ne montrent pas de rĂ©sultats aussi impressionnants. Une explication possible Ă  ce paradoxe serait que la violence induit des Ă©motions fortes chez le joueur, Ă©motions qui vont favoriser le systĂšme attentionnel d’alerte.

 

Contrer le manque d’attention en tirant parti des jeux vidĂ©os 
SANS jouer aux jeux vidĂ©os ?!

Une des techniques dites « d’hameçonnage pĂ©dagogique » qui sera vue plus loin consiste prĂ©cisĂ©ment Ă  capturer l’attention de l’apprenant en amenant une Ă©motion, ici positive (rire, joie, Ă©merveillement, 
) chez ce dernier car on sait que les informations portant une charge Ă©motionnelle sont traitĂ©es en prioritĂ© par le cerveau. Amenez celui qui apprend Ă  expĂ©rimenter le plus frĂ©quemment possible des Ă©motions positives et stimulantes renforce donc le rĂ©seau de l’attention au dĂ©triment des rĂ©seaux par dĂ©faut et des distractions externes


 


Le systùme attentionnel d’orientation et comment en tirer parti – A QUOI faire attention

manque d'attention

Testez votre propre manque d’attention 


Petit exercice: compter le nombre de fois que les joueurs habillés en blanc se font une passe: 5 fois, 7 fois ou 10 fois ?

 

 

Vous avez trouvé ?

Avez-vous vu le gorille dans la piùce ? Non ? Regardez-y de plus prùs 


Le systĂšme d’orientation gĂ©nĂšre un manque d’attention pour certains Ă©lĂ©ments


Le systĂšme d’ORIENTATION est celui pendant lequel le cerveau est attentif Ă  un objet car il s’oriente vers lui. Il devient alors « impermĂ©able » aux autres changements tout autour de l’objet. Le cerveau dĂ©cide alors A QUOI faire attention, quels sont les informations les plus pertinentes et devient aveugle aux autres informations prĂ©sentes dans l’environnement. C’est ainsi que dans le test d’attention sĂ©lective ci-dessus, que vous connaissez dĂ©jĂ  peut-ĂȘtre, l’attention du spectateur est orientĂ©e vers les joueurs de basket Ă  ce point qu’ils ne voient pas le gorille qui traverse le terrain de jeu (Simons DJ, 1999).

Les personnes qui ont lu cet article ont aussi lu :   Comment bien rĂ©viser - les 3 piliers de la mĂ©morisation đŸ‘©â€đŸ«

Nous avons parfois l’illusion que nous sommes attentifs alors qu’en rĂ©alitĂ©, nous sommes aveugles Ă  certaines informations que notre cerveau ne considĂšre pas comme Ă©tant pertinentes Ă  ce moment lĂ  du moins.

Nous sommes fermement persuadĂ©s (aprĂšs avoir visionnĂ© pour la premiĂšre fois la vidĂ©o des joueurs de basket) que s’il y avait eu un gorille, nous l’aurions vu ! Nous surestimons nos capacitĂ©s attentionnelles et de la mĂȘme maniĂšre nous surestimons aussi les capacitĂ©s attentionnelles de nos enfants.

Nous ne pouvons pas croire que nos enfants, sagement assis sur les bancs de l’école, sont devant l’information inscrite au tableau mais qu’ils ne la voient pas. Ceci est d’autant plus vrai que, contrairement Ă  nous, ils font face Ă  des apprentissages complĂštement neufs et qu’ils ne se sont pas encore entraĂźnĂ©s Ă  ĂȘtre attentif.

 

Un autre exercice, plus compliqué cette fois 


Découvrirez-vous qui a tué Lord Smith ? Soyez attentif !

 

Alors, avez-vous trouvé le coupable ?

Visionner une deuxiĂšme fois cette courte video. Avez-vous observĂ© des changements sur le lieux du crime depuis le dĂ©but de l’interrogatoire ?

Dans ce cas-ci aussi, votre cerveau vous a joué un vilain tour 


Combattre le manque d’attention grñce aux signaux sociaux ostensibles et la participation active

Nous pouvons rediriger le systùme d’orientation du cerveau de l’enfant par quelques actions simples et ainsi faciliter son apprentissage:

  • Chercher le contact visuel, verbal, gestuel.
  • Favoriser la participation active de l’élĂšve.

 

A vos notes ! Professeurs, parents, les deux, ce n’est pas le moment de manquer d’attention 


L’élĂšve sera d’autant plus attentif que le parent ou l’enseignant interagit avec lui par le regard, la parole (une prosodie particuliĂšre par exemple) et/ou la gestuelle lorsqu’il dĂ©livre une information. Il a Ă©tĂ© montrĂ© que l’enfant acquiert ce qu’on appelle une « posture pĂ©dagogique » de façon tout Ă  fait automatique et spontanĂ©e dĂšs lors qu’il est en prĂ©sence de ces « signaux sociaux ostensibles « de la part de celui qui marque son « intention » de lui apprendre quelque chose.

En effet, le cerveau de l’enfant dĂ©tecte ces signaux sociaux comme Ă©tant la preuve qu’à ce moment prĂ©cis des informations importantes (gĂ©nĂ©riques et donc gĂ©nĂ©ralisables plutĂŽt que particuliĂšres) vont lui ĂȘtre transmises (Egyed K1, 2013)

Le geste pour contrer le manque d’attention

regarder dans les yeux

ExpĂ©rience 1 : Dans les deux images ci-dessus, on peut voir une personne qui tend la main vers un objet, mais dans l’image de gauche, cette personne ne pointe pas l’objet alors que dans l’image de droite, la personne pointe l’objet. Il a Ă©tĂ© dĂ©montrĂ© que lorsque l’objet change, l’enfant aura beaucoup moins de chance d’avoir Ă©tĂ© attentif Ă  ce changement (barres rouges) dans l’expĂ©rience de gauche, cĂ d quand la personne tendait sa main vers l’objet sans le pointer comparĂ© Ă  l’expĂ©rience de droite dans laquelle la personne le regarde tout en pointant l’objet.

 

Le regard pour contrer le manque d’attention

rester attentif en classe

 

ExpĂ©rience 2 : Une jeune femme (qui reprĂ©sente la personne qui enseigne quelque chose Ă  l’enfant) regarde l’objet sur sa droite en souriant puis l’objet sur sa gauche en grimaçant. Ceci a pour but de renseigner l’enfant sur l’objet qu’elle prĂ©fĂšre


  • Dans la premiĂšre expĂ©rience, ligne du bas, qu’on appelle un « contrĂŽle » en recherche, elle ne regarde pas l’enfant hormis toute Ă  la fin pour lui demander de lui donner l’objet qu’elle prĂ©fĂšre. Dans 87% des cas l’enfant va correctement choisir l’objet et le lui donner.
  • En revanche, si c’est une autre personne Ă  la fin de l’exercice qui demande Ă  l’enfant de lui donner l’objet prĂ©fĂ©rĂ© (ligne du milieu et du haut), les choses se compliquent car l’enfant doit gĂ©nĂ©raliser ce qu’il vient d’apprendre (Ă  savoir quel est l’objet prĂ©fĂ©rĂ©) pour une personne Ă  d’autres personnes. Ce qui devient trĂšs intĂ©ressant ici est de constater que les enfants ne choisissent correctement que dans 31% des cas si au dĂ©part, la jeune fille ne les a pas regardĂ©s avant de sourire ou de faire une grimace 
 Ce rĂ©sultat de 31% monte Ă  69 % de rĂ©ponses correctes si la jeune fille a regardĂ© l’enfant au dĂ©but du test.

Conclusion : si l’apprentissage est accompagnĂ© ne fus-ce que d’un contact visuel entre le parent/l’enseignant et l’enfant, ce dernier sera capable d’ĂȘtre plus attentif car son cerveau considĂšre de façon automatique que l’information qui est en train d’ĂȘtre donnĂ©e est pertinente. Pourquoi pertinente ? Parce qu’elle est gĂ©nĂ©ralisable Ă  d’autres personnes par exemple ! Si la jeune fille le regarde, l’enfant considĂšrera que l’objet de façon gĂ©nĂ©rale est ou n’est pas dĂ©sirable pour l’ensemble de la population alors que si elle ne le regarde pas, il considĂšrera que cette personne en particulier aime ou n’aime pas tel ou tel objet mais que cette information est particuliĂšre, spĂ©cifique Ă  la personne et donc non importante.

pédagogie active

 

Il est donc essentiel pour celui qui enseigne, que ce soit un professeur Ă  l’école ou un parent Ă  la maison qui accompagne son enfant dans sa scolaritĂ©, d’interagir avec l’enfant lors de l’apprentissage. Interagir par le regard, les intonations de la voix, par une gestuelle avec l’enfant.

La posture pédagogique

Il est Ă©videmment Ă©galement essentiel pour un Ă©lĂšve d’ĂȘtre capable de dĂ©tecter ces signaux sociaux pour que son cerveau se mette en condition d’apprentissage, cette « posture pĂ©dagogique » dont il est question plus haut et qui va permettre Ă  son cerveau d’ĂȘtre attentif Ă  l’information. Pour cela, il doit ĂȘtre suffisamment proche du professeur/du parent pour que les signaux sociaux envoyĂ©s par ce dernier prennent le pas sur toutes les autres sources de distraction : autres Ă©lĂšves en classe, les bruits, appareils Ă©lectroniques Ă  la maison par exemple.

Faire participer l’enfant/l’élĂšve directement en lui posant des questions par exemple permet Ă©galement d’éviter coĂ»te que coĂ»te que les rĂ©seaux neuronaux par dĂ©faut ne s’activent aux dĂ©pens du rĂ©seau de l’attention en laissant par exemple l’enfant « passif » devant son cours. Mais mĂȘme en ne pouvant pas le faire rĂ©agir Ă  l’information aussi souvent que nous le voudrions, les signaux sociaux lui indiquant une intention d’apprentissage sont dĂ©jĂ  suffisant que pour capter son attention.

Combattre le manque d’attention grĂące Ă  l’hameçonnage pĂ©dagogique et la rĂšgle des 10 minutes

trouble de l'attention

 

Les neuroscientifiques ont dĂ©jĂ  dĂ©montrĂ© depuis plusieurs annĂ©es que les cours magistraux ne sont pas adaptĂ©s Ă  un apprentissage efficace. Seules les informations les plus intĂ©ressantes captent l’attention et cette attention ne peut se maintenir qu’une dizaine de minutes environ.

10 minutes seulement ! eh oui 


Dans cette période de 10 minutes:

  • quelques secondes uniquement pour capter l’attention,
  • 1 minute pour expliquer le sujet par exemple,
  • et 9 minutes pour dĂ©velopper.

Une autre sĂ©quence d’apprentissage de 10 minutes peut ensuite succĂ©der Ă  la prĂ©cĂ©dente mais elle doit permettre en quelques secondes de capter Ă  nouveau l’attention de celui qui apprend. C’est ce qu’on appelle une « sĂ©quence pĂ©dagogique ».

Cette coupure infime est utile au cerveau pour deux raisons :

  1. tout d’abord, elle aide le cerveau Ă  consolider les informations qu’il vient de recevoir durant la sĂ©quence pĂ©dagogique qui a prĂ©cĂ©dĂ©.
  2. Ensuite, elle maintient l’attention sur une seule tĂąche, sur un seul sujet, d’autant plus facilement d’ailleurs que les sĂ©quences pĂ©dagogiques qui s’alternent seront variĂ©es.

Au bout de 45-50 minutes, il faudra un vrai temps de repos au cerveau (Ă©tirements, collation, repos, 
).

Il est donc bien plus efficace de « fragmenter » l’apprentissage en sĂ©quences pĂ©dagogiques successives que de « balancer » un cours magistral d’une heure sans interruption.

 

Comment fabriquer un joli hameçon ?

Trouble de l'attention

Comment faire pour que le cerveau de l’apprenant « morde Ă  l’hameçon » et focalise son attention au dĂ©but de chaque « sĂ©quence pĂ©dagogique » ? Plusieurs techniques dites justement « d’hameçonnage pĂ©dagogiques » existent. Elles sont bien connues des formateurs qui les alternent pour maximiser leurs chances d’attirer l’attention de leur auditoire sur les informations qu’ils veulent faire passer. En voici quelques-unes :

  • Raconter une anecdote, une histoire vĂ©cue permet de mettre celui qui enseigne et celui qui apprend sur un pied d’égalitĂ© et d’attiser la curiositĂ© de ce dernier.
  • Proposer une action, un jeu, une Ă©nigme, un dĂ©fi en relation avec le sujet traitĂ©.
  • Amenez une Ă©motion positive (rire, joie, Ă©merveillement, 
) chez l’apprenant. Comme dit plus haut, les informations portant une charge Ă©motionnelle sont traitĂ©es en prioritĂ© par le cerveau. Vous vous souvenez ? il s’agit de l’attention dite « d’ALERTE » dont il Ă©tait question dans l’introduction de cet article. L’émotion met le cerveau est condition maximale d’apprentissage. C’est ainsi qu’un professeur passionnĂ© par ce qu’il explique en classe arrivera plus facilement Ă  capter l’attention de ses Ă©lĂšves en devenant lui-mĂȘme passionnant. Amenez celui qui apprend Ă  expĂ©rimenter le plus frĂ©quemment possible des Ă©motions positives renforce le rĂ©seau de l’attention au dĂ©triment des rĂ©seaux par dĂ©faut et des rĂ©seaux sollicitĂ©s par d’autres tĂąches en attente.
  • Apporter une solution, un Ă©claircissement de façon bienveillante : « à la fin de cette leçon, tu seras capable de   ».
  • Alterner le type de sĂ©quence pĂ©dagogique : Le professeur, le parent, peut alterner des sĂ©quences pĂ©dagogiques faisant appel tour Ă  tour Ă  l’intĂ©rĂȘt (en contextualisant par exemple l’information, en Ă©pinglant la raison de son importance dans un contexte prĂ©cis), ensuite Ă  l’émotion (une courte vidĂ©o, une photo, une chanson qui illustrent le sujet abordĂ©), Ă  la rĂ©flexion (un dĂ©bat), Ă  la consolidation des informations (un rĂ©sumĂ©, un mind-map), 

  • Alterner les supports pĂ©dagogiques et stimuler plusieurs sens chez celui qui apprend : Les informations qui s’inscrivent dans des activitĂ©s qui vont activer plusieurs sens sont considĂ©rĂ©es comme plus stimulantes pour le cerveau.

Combattre le manque d’attention en redonnant le plaisir d’apprendre

déficit de l'attention

La plupart des Ă©lĂšves français disent s’ennuyer Ă  l’école et apprendre sans plaisir.  Il n’en va pas de mĂȘme dans d’autres pays qui promeuvent le plaisir d’apprendre bien au-delĂ  des maternelles 


Quels sont les facteurs qui diminuent le plaisir d’apprendre ?

Les neurosciences ont dĂ©couvert que dans certains contextes le plaisir d’apprendre diminuait. De plus, il a Ă©tĂ© dĂ©montrĂ© que cette diminution de plaisir d’apprendre allait de pair avec une diminution de la plasticitĂ© neuronale. La plasticitĂ© neuronale, c’est cette facultĂ© du cerveau Ă  se rĂ©organiser sans cesse pour apprendre de nouvelles informations.

Quels sont ces contextes ?

  • L’apprentissage se fait dans la crainte de l’échec, dans la recherche unique de performance ou la dans la crainte de l’autoritĂ©. Cela remet peut-ĂȘtre en perspective ce que certains d’entre vous pensaient de la pĂ©dagogie made in Asia 
 😉
  • L’apprentissage se fait selon une mĂ©thode standardisĂ©e (on va se lĂącher : et « ARCHAÏQUE » – l’Ecole a Ă©tĂ© pensĂ©e Ă  l’époque de la rĂ©volution industrielle et n’a pas beaucoup Ă©voluĂ© depuis 
 oui, vous ne rĂȘvez pas, on parle bien du dĂ©but du siĂšcle dernier). L’école en ce sens ne rĂ©pond pas aux diffĂ©rences individuelles, aux diffĂ©rentes “attitudes d’apprentissage” des apprenants qui composent la population scolaire. Or tout le monde n’apprend pas pour les mĂȘmes raisons 


Intelligence multiple, VAKOG et s’il Ă©tait plus efficace de reconnaĂźtre des “attitudes” d’apprentissage ?

L’apprenant (l’enfant, l’ado, l’adulte) fait face Ă  un professeur peu pĂ©dagogue, qui suscite l’ennui ou qui manque de crĂ©dibilitĂ© face Ă  ce premier. Il faut savoir que pour certains apprenants, la personnalitĂ© et les compĂ©tences perçues du professeur sont plus importantes que le contenu du cours lui-mĂȘme 
 Donc quand votre enfant vous dit : « j’ai ratĂ© mon contrĂŽle de 
, oui mais je n’aime pas le professeur MachinTruc » 
cela peut ĂȘtre une raison suffisante pour lui 


Les personnes qui ont lu cet article ont aussi lu :   Manque de sommeil et apprentissage 🎓😮

8 conseils pratiques pour augmenter le plaisir d’apprendre !

plaisir d'apprendre

Le plaisir d’apprendre peut dĂ©pendre de multiples aspects : « L’activitĂ© physique, le calme, la gentillesse, le rire et l’empathie favorisent la plasticitĂ© neuronale »

Ici quelques conseils pratico-pratiques pour rĂ©veiller le plaisir d’apprendre 


CONSEIL 1 : Participer et explorer

L’apprenant va d’autant mieux assimiler un savoir ou un savoir-faire qu’il peut explorer son environnement et/ou expĂ©rimenter sans que le professeur, le parent, le coach 
soit intrusif. Attention, ne pas ĂȘtre intrusif ne veut pas dire ne pas guider un minimum l’enfant mais disons qu’il faut soi-mĂȘme pouvoir faire des erreurs et dĂ©couvrir de ses erreurs pour que son cerveau puisse enregistrer une information de façon durable.

Pour susciter cet Ă©tat participatif, on peut demander Ă  l’apprenant de lui-mĂȘme rechercher une information dĂ©calĂ©e, un scoop, une surprise, 


Pour illustrer le lien entre exploration et plasticitĂ© neuronale chez l’enfant, voici une courte VidĂ©o de CĂ©line Alvarez, cĂ©lĂšbre pour ses expĂ©riences pĂ©dagogiques en milieu scolaire et surtout pour les rĂ©sultats Ă©tonnants de ses recherches.

 

CONSEIL 2 : L’effet Pygmalion

Croire en l’apprenant et en ses capacitĂ©s d’apprentissage sont plus importants que ce que vous ne pensez. Il a Ă©tĂ© dĂ©montrĂ© Ă  de nombreuses reprises que les professeurs Ă©mettaient des prĂ©jugĂ©s Ă  l’égard de leurs apprenants (sur base du sexe, de l’ñge, de l’origine ethnique, 
) dans les premiĂšres secondes de leurs rencontres et que ces prĂ©jugĂ©s influençaient sur les rĂ©sultats scolaires de façon non-nĂ©gligeable. Peut-ĂȘtre avez-vous entendu parler de cette Ă©tude qui montrait que les professeurs de mathĂ©matiques permettait plus souvent aux garçons qu’aux filles de poser des questions car ils projetaient le fantasme selon lequel les garçons Ă©taient plus douĂ©s que les filles dans cette matiĂšre rĂ©putĂ©e ardue
 Le plus triste Ă©tant que ce prĂ©jugĂ© sexiste Ă©tait intĂ©grĂ© par les petites filles qui choisissaient dĂšs lors moins souvent des filiĂšres scientifiques 
(ceci n’étant pas la seule explication bien-sĂ»r 
je ne vais pas rĂ©veillez la fĂ©ministe qui sommeille en moi ;-).

Effet Pygmalion – Rencontrer un professeur qui change la donne ☀

CONSEIL 3 : Activer le circuit de la récompense

Le circuit neuronal de la rĂ©compense associe l’apprentissage Ă  une expĂ©rience plaisante et va permettre Ă  l’apprenant de ne pas faiblir devant l’ennui, la difficultĂ©, la fatigue.

Activer ce circuit, c’est reproduire les gestes qui amĂšnent Ă  l’expĂ©rience plaisante. Renforcer ce circuit, c’est trouver de nouveaux gestes qui ancrent de façon durable dans le cerveau le fait qu’apprendre, c’est vraiment fun !

  • RĂ©compenses immĂ©diates : une pause goĂ»ter, un film, 
aprĂšs une longue pĂ©riode de concentration (nous verrons plus tard le dĂ©coupage du temps pour un enfant/ado sous l’éclairage du fonctionnement neuronal). Quelques exercices de gymnastiques ou Ă©couter une chanson aprĂšs une liste de vocabulaire correctement apprise, etc.
  • RĂ©compenses Ă  long-terme : quelles sont les implications pratiques et personnelles de ce qui a Ă©tĂ© appris ? S’approprier le contenu car il est en lien avec une expĂ©rience, une valeur, 
 toujours selon le profil de motivation de l’apprenant.

Ceci Ă©tant dit, sachez que bien souvent l’enfant n’a pas besoin de rĂ©compenses externes pour se motiver Ă  apprendre. Le simple fait d’avoir atteint un objectif (d’avoir par exemple compris une leçon) va amĂ©liorer son estime de soi, ce qui est dĂ©jĂ  amplement suffisant !

CONSEIL 4 : Apprendre en groupe

travailler en groupe

Le cerveau est un « ĂȘtre » « neuro-social ». Autrement dit, il fonctionne mieux avec d’autres cerveaux en Ă©bullition Ă  cĂŽtĂ© de lui
  Le fonctionnement des neurones miroirs montre que face Ă  quelqu’un que nous apprĂ©cions et dont nous apprenons quelque chose, la mĂȘme zone de notre cerveau va s’activer spontanĂ©ment. Si cela vous intĂ©resse, taper « singe » et « Rizzolatti » dans Google 
 je vous promets, c’est fascinant. Apprendre en groupe peut donc ĂȘtre une bonne idĂ©e pour susciter le plaisir et la mĂ©morisation.

Apprendre en groupe permet aussi restituer la matiĂšre en l’expliquant Ă  quelqu’un d’autre et donc de la structurer parfois diffĂ©remment 
 et encore, de prendre conscience de son propre apprentissage ce qui donne confiance en soi !

CONSEIL 5 : Un cadre de fĂȘte

Qui a dit qu’apprendre devait se faire dans une chambre austĂšre ? Bien que l’attention ne doit pas ĂȘtre dissipĂ©e par une multitude d’objets, d’illustrations, 
 ok le dĂ©sordre quoi, le chaos mĂȘme 
 (#mĂšre maniaque du rangement), il est inutile de vouloir exagĂ©rer dans l’autre sens. Des objets en lien avec le contenu de la matiĂšre Ă  apprendre peuvent capter l’attention des enfants qui ont le plus besoin de bouger par exemple.

CONSEIL 6 : Musique Maestro

L’effet bĂ©nĂ©fique de la musique sur la plasticitĂ© neuronale a Ă©galement Ă©tĂ© Ă©tabli.  Il peut s’agir simplement « d’entractes » musicaux entre des moments d’apprentissage, de « chorĂ©graphies » de dĂ©lassement et de rĂ©compense 
à la fin d’un chapitre qu’on a correctement assimilĂ©.

CONSEIL 7 : Le produit fini

RĂ©aliser un produit correspondant Ă  l’apprentissage peut constituer une immense source de satisfaction pour l’apprenant. Cela peut ĂȘtre un objet, un visuel de Mind-Mapping, un scĂ©nario, un dessin, idĂ©alement quelque chose qui perdure dans le temps et sur lequel l’apprenant pourra projeter son apprentissage.

CONSEIL 8 : Le jeu

Last but not least, apprendre en jouant. Les plus sceptiques d’entre vous trouverons que le jeu ne donne pas un cadre sĂ»r Ă  l’apprentissage mais le jeu n’est pas l’objectif en soi, il n’est que le moyen au service de l’objectif pĂ©dagogique recherchĂ©.

Comment choisir son jeu ? Il dĂ©pend essentiellement du savoir ou savoir-faire qui doit ĂȘtre assimilĂ© par l’apprenant ainsi que du mĂ©canisme qu’on pense ĂȘtre le mieux adaptĂ© Ă  l’apprentissage : mĂ©morisation, observation, jeux de rĂŽle (mise en situation selon un scĂ©nario prĂ©Ă©tabli), 
 mais un tas de jeux existants peuvent facilement ĂȘtre dĂ©rivĂ©s pour servir l’objectif pĂ©dagogique.

plaisir d'apprendre

Fig. rĂ©capitulative art. « 8 conseils pratiques pour susciter le plaisir d’apprendre ».

Les jeux numĂ©riques peuvent ĂȘtre intĂ©ressants bien qu’ils ne conviennent pas Ă  tous les profils d’apprentissage, notamment pas Ă  ceux pour qui la personnalitĂ© et les compĂ©tences du formateur sont importantes et qui ont besoin d’un suivi en prĂ©sentiel. Pour les autres, les enseignants du « CafĂ© PĂ©dagogique » ont recensĂ© une multitude de jeux numĂ©riques par discipline. Je vous invite Ă  aller y jeter un coup d’Ɠil

En conclusion, rendre un apprentissage « plaisant » est donc possible pour tout type de matiĂšre car ce qui compte, ce n’est pas le contenu mais la maniĂšre de l’aborder.

 

Le cerveau est monotĂąche

monotĂąche

 

Comme déjà mentionné plus haut notre cerveau traite les informations de façon séquentielle et non pas simultanée.

Eh oui, dĂ©solĂ©e Ă  tous celles et ceux qui se plaisent Ă  dire qu’ils sont « multitĂąches » !

Notre cerveau fonctionne en effet comme un goulot d’étranglement qui va laisser passer une information et « fermer » ou du moins ralentir fortement le passage Ă  une autre information qui arrive simultanĂ©ment et qui nous devient quasi-invisible (Pashler, 1994, p. fig.ci dessous).

Goulot d'Ă©tranglement cerveau

Cette sĂ©lection est essentielle pour que le cerveau ne sature pas avec toutes les informations qui lui parviennent et qu’il puisse diriger ces informations vers certaines zones du cerveau et prendre des dĂ©cisions, par exemple une rĂ©ponse motrice Ă  une information reçue.

Si vous trouvez la vue splendide mais qu’un serpent vous fonce droit dessus, vous voudrez sans doute d’abord gĂ©rer le serpent et ensuite admirer la vue 😉

 

 

Pour ces raisons, il faut veiller :

  1. A ce que l’apprentissage soit captivant, attrayant pour l’enfant afin que celui-ci y soit attentif mais pas au point de distraire l’enfant de l’information qu’il doit enregistrer, ni de la tñche qu’il doit accomplir !
  2. Il faut Ă©galement veiller Ă  ce que l’enfant ne soit pas confrontĂ© Ă  plusieurs informations ou tĂąches Ă  traiter simultanĂ©ment car il perdrait une partie de l’information. Or malheureusement, et souvent sans s’en rendre compte, les professeurs demandent aux Ă©lĂšves de faire deux choses en mĂȘme temps. Les Ă©lĂšves n’ont pas eu le temps de routiniser une tĂąche qu’on leurs demandent dĂ©jĂ  d’en effectuer une autre 
 Cela est d’autant plus vrai pour les enfants dys- qui n’ont, par exemple, pas encore routiniser le processus de l’écriture mais Ă  qui on demande dĂ©jĂ  de trouver la solution Ă  un problĂšme Ă©crit


 

Le manque d’attention causĂ© par l’environnement de travail

ado gsm

Le cerveau n’est donc pas capable de traiter plusieurs tĂąches Ă  la fois contrairement Ă  certaines croyances. Il passe plutĂŽt d’une tĂąche Ă  une autre de façon sĂ©quentielle (Kriegeskorte N1, 2018).

S’il est vraiment attentif, l’enfant, l’élĂšve va se focaliser sur la tĂąche choisie et son cerveau va tendre Ă  devenir « impermĂ©able » aux sollicitations externes. Pour cette raison, un environnement d’apprentissage oĂč celui qui apprend est frĂ©quemment sollicitĂ© par des stimuli parasites (musique, Gsm, conversation, mails pop-up, 
) constitue un frein Ă  la productivitĂ© du cerveau qui doit constamment « choisir » entre plusieurs stimuli en compĂ©tition. De plus une tĂąche interrompue par ces stimuli parasites prend plus de temps Ă  ĂȘtre exĂ©cutĂ©e (Mitra A1, 2018).

Il est donc essentiel de fournir un cadre d’apprentissage le plus adaptĂ© possible au mode de fonctionnement du cerveau en limitant le plus possible les sources de distraction. Si ce n’est pas possible Ă  l’école car vous n’avez pas ou peu de pouvoir sur la façon dont la classe est gĂ©rĂ©e par l’enseignant, vous avez du moins le pouvoir d’amĂ©liorer l’environnement de travail Ă  la maison, notamment au moment des devoirs. Consultez cet article qui contient un chapitre dĂ©taillĂ© concernant l’espace de travail idĂ©al.

Aide aux devoirs, 3 habitudes zen pour les parents 😹


Le systĂšme du contrĂŽle exĂ©cutif ou COMMENT traiter l’information.

contrÎle exécutif

 

Le systùme du CONTRÔLE EXECUTIF est celui qui permet de choisir COMMENT nous allons traiter l’information.

Il s’agit de la concentration sur une information Ă  la fois, sur une information que nous allons sĂ©lectionnĂ©e puis sur la chaĂźne de traitement de cette information pour rĂ©soudre une tĂąche par exemple.

Cette chaĂźne de traitement comprend plusieurs processus dont:

  • la sĂ©lection,
  • la planification,
  • l’initiation,
  • la supervision de tous nos comportements volontaires etc.
Les personnes qui ont lu cet article ont aussi lu :   Aidez son cerveau Ă  mieux rĂ©guler son comportement

Sans rentrer dans les dĂ©tails, ce qui nous intĂ©resse ici est essentiellement que ce systĂšme est « plastique », autrement dit flexible et qu’il peut donc ĂȘtre amĂ©liorĂ© par la mise en pratique d’outils pour apprendre Ă  mieux apprendre, pour apprendre Ă  mieux « faire attention ». Nous pouvons en effet par exemple dĂ©cider des informations que nous allons traiter versus celles dont nous allons empĂȘcher le traitement. Nous pouvons donc concentrer nos efforts de façon consciente pour amĂ©liorer ce systĂšme attentionnel et ses processus.

C’est un type d’attention qui se dĂ©veloppe avec les annĂ©es de pratique chez l’enfant. Il apprend Ă  se contrĂŽler, cĂ d Ă  renforcer les stratĂ©gies appropriĂ©es qui lui permettent d’ĂȘtre attentif alors que d’autre part il va tenter d’inhiber les stratĂ©gies inappropriĂ©es qui font du tord Ă  sa capacitĂ© d’attention.

Lisez cet article ! Vous allez ĂȘtre Ă©tonnĂ© de tout ce que vous pouvez faire pour aider votre enfant Ă  dĂ©velopper ses capacitĂ©s exĂ©cutives et Ă  quel point cela aura une importance sur sa rĂ©ussite future ! Cela a Ă©tĂ© longuement Ă©tudiĂ© par les neurosciences et le lien causal est CERTAIN.

Aidez son cerveau à mieux réguler son comportement

L’entraĂźnement du contrĂŽle exĂ©cutif

Comme mentionnĂ© plus haut, le contrĂŽle exĂ©cutif chez l’enfant va lui permettre de sĂ©lectionner une stratĂ©gie appropriĂ©e lui permettant de rester attentif et de rĂ©soudre un problĂšme. Il va devoir pour cela inhiber les stratĂ©gies inappropriĂ©es. Ce qui est absolument surprenant et magnifique est qu’il est possible d’entraĂźner l’enfant Ă  amĂ©liorer son contrĂŽle exĂ©cutif et par lĂ  Ă  rĂ©sister par exemple Ă  une distraction pour rester attentif.

Cogmed Ă  la rescousse des enfants prĂ©sentant un trouble de l’attention

Un exemple d’expĂ©rience qui a permet de mettre en avant cette possibilitĂ© d’entraĂźner le cerveau Ă  devenir attentif et Ă  rester concentrĂ© est la suivante (Klingberg T, 2005):

entraĂźnement cerveau

Un logiciel pour lutter contre le manque d’attention

Un logiciel d’entraĂźnement nommĂ© « CogMed » a Ă©tĂ© dĂ©veloppĂ© pour entraĂźner la mĂ©moire de travail, Ă©troitement liĂ©e Ă  l’attention, d’un Ă©chantillon de 53 enfants de 7 Ă  12 ans qui prĂ©sentent un trouble de l’attention.

Ils doivent reproduire des sĂ©quences de chiffres sur un clavier numĂ©rique. Cependant l’un des groupes fait face Ă  des exercices de plus en plus difficiles alors que l’autre groupe exĂ©cute des exercices d’un niveau de difficultĂ© constant. L’ensemble de l’expĂ©rience est rĂ©alisĂ© en double aveugle, cĂ d que ni les participants ni ceux qui vont examiner les rĂ©sultats ne savent Ă  quel groupe l’enfant considĂ©rĂ© appartient, ceci pour Ă©viter tout biais subjectif.

rester attentif

A la fin de l’expĂ©rience, on mesure les capacitĂ©s des enfants dans plusieurs domaines qui n’ont mĂȘme pas Ă©tĂ© entraĂźnĂ©s mĂȘme s’ils sont connexes, Ă  savoir notamment leur mĂ©moire spatiale et leur mĂ©moire des chiffres. On remarque que les enfants du groupe pour lequel les exercices Ă©taient de plus en plus difficile ont des rĂ©sultats meilleurs que ceux dont le contrĂŽle exĂ©cutif n’a pas Ă©tĂ© entraĂźnĂ©.

Les autres rĂ©sultats de cette recherche indiquent Ă©galement que ces effets perdurent dans le temps, qu’ils sont au moins aussi bons que pour des groupes d’enfant sous mĂ©dication Ă  la RelatineÂź (et testĂ©s de la mĂȘme maniĂšre), que les rĂ©sultats au test de Raven par exemple (un test d’intelligence Ă  choix multiple) sont amĂ©liorĂ©s et enfin que les parents ont observĂ©s chez les enfants entrainĂ©s une diminution de l’inattention.

 

Le choix de certaines activitĂ©s extrascolaires pour renforcer le contrĂŽle cognitif chez l’enfant

Sans faire forcĂ©ment appel Ă  ce type de logiciel pour « entraĂźner » nos enfants Ă  devenir plus attentifs, et bien que leur commercialisation a Ă©tĂ© amorcĂ©e vu les effets bĂ©nĂ©fiques dĂ©montrĂ©s (notamment pour des enfants souffrant d’un trouble de l’attention), il a Ă©tĂ© dĂ©montrĂ© que plusieurs activitĂ©s ludiques plus « classiques » pouvaient sensiblement amĂ©liorer la capacitĂ© d’un enfant Ă  rester attentif (Takacs ZK1, 2019) (Diamond A, 2011).

Quelle activitĂ© extrascolaire pour mon enfant ? đŸ’„

Il a Ă©tĂ© Ă©galement dĂ©montrĂ© que ce sont les enfants dĂ©favorisĂ©s qui en bĂ©nĂ©ficient le plus, ce qui tend Ă  diminuer les inĂ©galitĂ©s entre les Ă©lites et les milieux socio-Ă©conomiques dĂ©favorisĂ©s. Le rapport PISA 2012 pointait que la France Ă©tait, Ă  cet Ă©gard, un des pays les plus inĂ©galitaires des pays de l’OCDE (rapport PISA 2012 France).

Parmi ces activitĂ©s, on retrouve l’apprentissage d’un instrument de musique, l’apprentissage de la mĂ©ditation (Tang YY, 2007), l’entraĂźnement sensoriel et moteur de type Montessori


Plus prĂ©cisĂ©ment en ce qui concerne l’apprentissage d’un instrument de musique, beaucoup de recherches expĂ©rimentales ont montrĂ© que celui-ci amĂ©liorait les scores aux tests d’intelligence, de mĂ©moire, de vocabulaire, d’aptitudes numĂ©riques et de raisonnement (Schellenberg, 2004).

Des informations qui font sens

ĂȘtre attentif

 

Enfin, dernier Ă©lĂ©ment: le cerveau aura d’autant plus de facilitĂ© Ă  reconnaĂźtre une information comme Ă©tant pertinente qu’il pourra la lier avec d’autres informations dĂ©jĂ  enregistrĂ©es et traitĂ©es.

De ce fait quelques rĂšgles Ă  se rappeler quand on veut apprendre quelque chose Ă  un enfant et capter son attention :

  • Les concepts importants avant les dĂ©tails: Le cerveau est d’avantage rĂ©ceptif aux concepts qu’aux dĂ©tails et est d’autant plus engagĂ© que l’information « fait sens » pour lui. Contextualiser l’information pour mettre en avant son intĂ©rĂȘt dans sa globalitĂ© est donc plus important dans un premier temps pour capter l’attention de l’enfant ou de l’élĂšve que de dĂ©velopper l’information de façon plus dĂ©taillĂ©e, ce qui sera plutĂŽt utile Ă  la seconde Ă©tape Ă  savoir la mĂ©morisation de cette information.
  • La cohĂ©rence des idĂ©es: De mĂȘme, prĂ©senter le sujet avec un fil conducteur qui relie les informations de façon cohĂ©rente et qui situe l’avancĂ©e de celui qui apprend va aider ce dernier Ă  consolider les informations qu’il reçoit et motiver son attention. Ce fil conducteur peut par exemple mettre en avant les bases, les objectifs, et une conclusion facilement mĂ©morisable (cĂ d succincte, comprĂ©hensible, sans nouveau dĂ©veloppement).
  • Le lien avec les connaissances anciennes: Faire appel aux informations dĂ©jĂ  mĂ©morisĂ©es, reliant les nouvelles informations Ă  quelque chose de connu, que l’enfant/l’élĂšve a dĂ©jĂ  Ă©tudiĂ©, expĂ©rimentĂ©, 
faire des liens entre connaissances anciennes et nouvelles le rassure et motive son attention.

Lutter contre le manque d’attention – En rĂ©sumĂ©

Les facteurs qui influent sur les capacitĂ©s d’attention d’un enfant sont multiples, vous avez un rĂ©sumĂ© des outils prĂ©sentĂ©s ici dans la figure ci-dessous.

De plus, si une intervention limitĂ©e peut avoir dĂ©jĂ  Ă©normĂ©ment d’effets alors imaginez-vous toutes ces interventions appliquĂ©es de façon combinĂ©es !!!

manque d'attention

Enseignant

Je conclurai en disant que bien sĂ»r les enseignants ont un rĂŽle clef dans le fait de favoriser l’attention de leurs Ă©lĂšves, aprĂšs tout, c’est en classe que l’élĂšve passe la majeure partie de son temps. Ils doivent en tout cas ne pas surestimer les capacitĂ©s d’attention des Ă©lĂšves qui sont par nature limitĂ©es.

Parent

Les parents ont cependant Ă©galement un rĂŽle Ă  jouer car ils sont dans l’environnement social de l’enfant ceux qui vont le plus interagir avec eux et ils sont ceux qui vont interagir le plus prĂ©cocement avec eux. Vous et votre enfant n’ĂȘtes pas dĂ©munis face aux capacitĂ©s d’attention. Vous pouvez aider votre enfant Ă  amĂ©liorer ses capacitĂ©s d’attention via l’ensemble des outils prĂ©sentĂ©s dans cet article et d’autres qui n’ont pas Ă©tĂ© citĂ©s ici sans doute.

Le manque d’attention n’est pas une fatalitĂ© !

rester concentré

 

Enfant/adolescent

Enfin, pour aller plus loin, les enfants eux-mĂȘmes doivent ĂȘtre acteurs dans leur besoin d’apprendre Ă  apprendre mieux.

A ce titre, dire Ă  son enfant « soit attentif » ne veut presque rien dire pour lui (ni vraiment pour nous non plus peut-ĂȘtre). Il comprendra sans doute qu’il doit Ă©couter le professeur ou vous Ă©couter lui expliquer sa leçon, qu’il ne doit pas parler, se tenir droit 
 bref pas grand-chose si ce n’est des comportements basiques, de plus potentiellement nĂ©fastes Ă  son apprentissage d’ailleurs (puisque nous savons depuis peu Ă  quel point l’apprentissage a besoin d’interactions et de mouvements par exemple).

Il est plus intĂ©ressant d’expliquer Ă  celui qui apprend ce qui sous-tend les mĂ©canismes de l’attention et pourquoi, par exemple, il serait prĂ©fĂ©rable de dĂ©cider ensemble d’un autre environnement de travail, pourquoi il doit d’abord avoir une vue globale de ce qu’il doit apprendre avant de se focaliser sur les dĂ©tails, pourquoi il est important qu’il se place Ă  proximitĂ© du professeur, etc. MĂȘme en classe de maternelle il est possible d’expliquer aux enfants l’importance de certains exercices d’auto-rĂ©gulation et de les engager dans ce processus d’apprentissage du mieux apprendre (Diamond A1, 2007). Les effets de cet apprentissage chez les plus jeunes perdurent tout au long de leur scolaritĂ©, leurs permettent l’acquisition de compĂ©tences nouvelles et rĂ©duisent leur anxiĂ©tĂ© (Blair C, 2014). Si vous voulez en savoir plus sur le sujet et le type d’exercices dĂ©veloppĂ©s pour favoriser l’attention en maternelle, rĂ©fĂ©rez-vous au livre Tools of the Mind : The Vygotskian Approach to Early Childhood Education d’Elena Bodrova et Deborah J. Leong que je rĂ©sumerai dans un prochain article sur le blog des outils pour apprendre.com

 


Manque d’attention-Travaux citĂ©s

Blair C, R. C. (2014). Closing the achievement gap through modification of neurocognitive and neuroendocrine function: results from a cluster randomized controlled trial of an innovative approach to the education of children in kindergarten. Plos One, 9(11):e112393.

Cardoso-Leite P1, B. D. (2014). Video game play, attention, and learning: how to shape the development of attention and influence learning? Curr Opin Neurol., 185-91.

Diamond A, L. K. (2011). Interventions shown to aid executive function development in children 4 to 12 years old. Science, 959-964.

Diamond A1, B. W. (2007). Preschool program improves cognitive control. Science, 1387-88.

Egyed K1, K. I. (2013). Communicating shared knowledge in infancy. Psychol Science, 1348-53.

Klingberg T, F. E. (2005). Computerized training of working memory in children with ADHD–a randomized, controlled trial. J Am Acad Child Adolesc Psychiatry., 177-86.

Kriegeskorte N1, D. P. (2018, Sept 21). Cognitive computational neuroscience. Nat Neurosci, pp. 1148-1160.

Mitra A1, R. M. (2018, Feb). Principles of cross-network communication in human resting state fMRI. Scand J Psychol., pp. 59(1):83-90.

Pashler. (1994). Graded capacity-sharing in dual-task interference ? J Exp Psychol Hum Percept Perform, 330-42.

Schellenberg. (2004). Music lessons enhance IQ. Psychol. Sc., 511-4.

Simons DJ, C. C. (1999). Gorillas in our midst: sustained inattentional blindness for dynamic events. Perception, pp. 28(9):1059-74.

Takacs ZK1, K. R. (2019). The efficacy of different interventions to foster children’s executive function skills: A series of meta-analyses. Psycho Bull.

Tang YY, P. N. (2007). Short-term meditation training improves attention and self-regulation. PNAS, 17152-56.

 

Neurosciences et soutien scolaire

Des Outils Pour Apprendre – Manque d’attention, comment lutter ?

 

2 thoughts on “Il manque d’attention ? Voici ce que vous pouvez faire !🧐”

  1. happykidsafari says:

    Wahou ! Quel article ! Merci infiniment pour ce partage hyper enrichissant !!!
    Ma fille de 6 ans comprend et intĂšgre les choses trĂšs trĂšs rapidement. NĂ©anmoins, elle rencontre souvent des problĂšmes d’attention. Elle se dĂ©concentre rapidement, et veut faire les choses trĂšs vite !
    Depuis qu’elle s’est mise au dessin et Ă  l’escalade, nous avons remarquĂ© qu’elle arrive Ă  se concentrer sur des pĂ©riodes de plus en plus longues.
    Je vous rejoins donc parfaitement quand vous dites qu’il faut bien choisir les activitĂ©s en consĂ©quences !
    Grùce à cet article, je serai encore plus vigilente aux chasses au trésor et aux activités manuelles que je partage sur mon blog. Afin de favoriser des animations qui permettent aux enfants de maitriser davantage leur attention !
    Merci !!
    Caroline
    https://happykidsafari.com

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