Dyspraxie symptômes, origines, accompagnement

Dyspraxie symptômes, origines, accompagnement. La dyspraxie ou apraxie est le trouble de l’apprentissage pour lequel nous avons à ce jour le moins d’informations alors que la dyslexie, la dyscalculie et les autres troubles cognitifs sont de mieux en mieux compris. Les origines et l’étendue des troubles dyspraxiques est un domaine qui est investigué depuis peu.

La dyspraxie est la difficulté pour un enfant ou pour un adulte de réaliser certaines séquences de mouvements volontaires de façon automatisée :

  • Ouvrir une bouteille
  • Fermer un bouton
  • Lacer ses chaussures
  • Attraper un ballon
  • Se tenir sur un pied

L’enfant dyspraxique n’arrive pas à réaliser un mouvement appris en dépit d’un apprentissage récurrent.

 

Les différents types de dyspraxie

Il existe plusieurs types de dyspraxie :

– la dyspraxie motrice pure = l’enfant tente d’imiter le geste mais a du mal à planifier et à ajuster son geste

– la dyspraxie visuo-spatiale = l’enfant a du mal à reproduire un modèle, il éprouve des difficultés en lecture et en écriture alors que les gestes quotidiens ne sont pas concernés.

–  la dyspraxie oro-faciale qui traduit la difficulté pour l’enfant de réaliser des gestes avec son visage et avec sa bouche. Il éprouve par exemple des difficultés pour siffler.

– la dyspraxie procto-perceptuelle = c’est la forme la plus courante de dyspraxie et la mieux connue. Elle est liée à la planification des gestes. Cette forme de dyspraxie empêche l’enfant de percevoir correctement son environnement puis d’intégrer les informations visuelles, tactiles et auditives pour pouvoir ensuite interagir de façon adaptée avec cet environnement.

 

Dyspraxie symptômes dans différents domaines. Plus que de simples gestes …

Malheureusement, la dyspraxie n’atteint pas seulement le domaine sensorimoteur.

L’enfant dyspraxique n’a pas seulement des problèmes avec ses gestes ou des séquences de gestes mais il présente également des difficultés aussi bien en mathématiques, dans l’apprentissage de la lecture et de l’écriture ainsi qu’en ce qui concerne les habilités visuo-spatiales.

La sphère atteinte dans la dyspraxie est bien plus étendue que la simple reproduction des gestes …

Vous l’avez donc compris,

Si la

  • Psychomotricité globale : difficultés à s’habiller, difficultés dans la coordination des mouvements, gestes difficiles, troubles de l’équilibre et de représentation du schéma corporel
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Et si la

  • Psychomotricité fine : difficulté à réaliser des gestes fins, faire un bouton, faire ses lacets, monter une fermeture éclair, tenir son crayon)

Sont affectés, bien d’autres domaines le sont également … :

  • Organisation et planification : difficulté d’organiser des séquences de gestes,
  • Problèmes de concentration, d’attention et de mémorisation
  • Communication : difficultés à exprimer clairement une idée et parfois le nombre de mots de vocabulaire connus est faible compte-tenu de l’âge et du stade de développement attendu
  • Perception temporelle : difficultés à se situer dans le temps
  • Perception visuelle et spatiale : difficultés à se situer dans l’espace
  • Motricité faciale : difficulté à mimer, à tenir un jeu de rôle
  • Perte d’estime de soi
  • Problèmes relationnels …

Je vous renvoie à cet article qui reprend les stades de développement moteur attendu en fonction de l’âge chronologique de l’enfant

A quel âge bébé se retourne, rampe, se lève … ? Les stades de développement moteur

Les origines multiples de la dyspraxie

La dyspraxie apparaît durant l’enfance. On pense que 5 à 7 % des enfants de 5 à 10 ans seraient dyspraxiques mais ce trouble peut perdurer à l’âge adulte et nécessiter un accompagnement continu et une rééducation.

Quelles sont les origines de la dyspraxie ?

La communauté scientifique est relativement divisée sur le sujet. On peut néanmoins distinguer trois types de facteurs influençant la survenue de ce trouble.

 

Facteurs génétiques

Bien qu’aucun gène n’ait été identifié comme étant responsable de la dyspraxie, certaines études ont démontré que ce trouble avait un caractère héréditaire. Beaucoup d’enfants dyspraxiques sont issus de familles dans lesquelles un ou plusieurs individus souffrent eux-mêmes de troubles de l’apprentissage. Les recherches actuelles n’en sont qu’au début de l’investigation de ce lien causal.

 

Facteur périnatal

Certaines équipes de recherche ont mis en évidence qu’un pourcentage très élevé d’enfants dyspraxiques avait vécu un épisode d’anoxie lors de la naissance c’est-à-dire un manque d’oxygène capable d’altérer certaines régions cérébrales.

 

Lésions

D’autres équipes de recherche se concentrent sur certaines parties du cerveau notamment le lobule pariétal inférieur et les aires frontales motrices et ont conclu que ces régions subissent des lésions entraînant l’impossibilité pour l’enfant de se faire une représentation spatio-temporelle du mouvement qu’il doit reproduire.

Quand l’enfant doit réaliser une praxie, c’est-à-dire un geste, il fait appel à plusieurs systèmes :

  • Un système perceptif qui traite l’information qui lui vient de son environnement par la voix visuelle, auditive ou tactile
  • Un système conceptuel qui lui permet de retenir les informations sur chaque action qu’il doit imiter
  • Un système de production qui permet à son cerveau de choisir quelle est l’action motrice la plus adaptée pour reproduire le geste

La dyspraxie est, selon ce groupe de recherche, la résultante d’une lésion cérébrale et de l’altération subséquente d’un ou de plusieurs de ces systèmes.

 

Dyspraxie symptômes – Les signes qui apparaissent à l’école

Quelles sont les signes qui peuvent vous amener à penser que votre enfant souffre de dyspraxie en classe ?

L’enfant va malheureusement devoir faire face à des difficultés scolaires de plus en plus importantes notamment à l’école maternelle où les tâches qui lui sont demandées sont davantage motrices : découpage, coloriage, collage, pliage, écriture du prénom, puzzle, jeux de rôle, activités corporelles, premières opérations mathématiques avec manipulations de perles, de dés, suivi d’un chemin dans un labyrinthe …

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Le diagnostic

Comment établir un diagnostic fiable de la dyspraxie ?

Les signes dans le cas d’une dyspraxie peuvent être incorrectement associés à un autre trouble de l’apprentissage (dyslexie, dyscalculie, …) ?

Un bilan neuropsychologique est souvent nécessaire avant de conclure à une dyspraxie.

Le neuropsychologue évaluera à la fois :

  • Les fonctions sensorimotrices :
    • La motricité fine
    • Les aptitudes de coordination entre vision et geste moteur
    • La dissociation volontaire des doigts
    • La tenue du crayon
    • Le découpage et le pliage
    • La discrimination digitale

 

  • Les fonctions visuo-spatiales :
    • Les relations spatiales des objets les uns par rapport aux autres
    • Le respect des proportions
    • Les constructions 3D
    • Le graphisme

Son analyse est parfois complétée de l’avis :

  • D’un graphothérapeute
  • D’un logopède
  • D’un psychologue pour une évaluation purement psychologique afin de comprendre le développement général de l’enfant
  • D’un neurologue pour une évaluation purement neurologique qui détermine le degré de maturation des fonctions cognitives

Il est parfois également conseillé de faire un bilan intellectuel de l’enfant mais il est utile de rappeler que l’enfant dyspraxique n’a pas une déficiente intellectuelle. Ses performances verbales, son aptitude à raisonner seront sans doute bien meilleures que ses performances motrices, ce qui est en soi un signe de dyspraxie.

Comment accompagner un enfant dyspraxique ?

L’accompagnement et pluridisciplinaire.

Les enfants dyspraxiques bénéficient du soutien d’un psychomotricien et d’un graphothérapeute. Parfois également d’un psychologue, d’un logopède orthophoniste et d’un ergothérapeute selon les difficultés les plus importantes qu’il rencontre.

A ce titre, il ne faut pas oublier qu’il dépense énormément d’énergie pour se concentrer, pour réaliser les gestes quotidiens et s’organiser. Son niveau de fatigue n’est pas quelque chose d’anodin qu’on peut négliger. L’accompagnement de l’enfant dyspraxique doit en tenir compte et il ne faut pas surcharger l’enfant au risque de l’enfoncer un peu plus.

Si vous voulez savoir quelles sont les accompagnements raisonnables que vous pouvez mettre en place en tant qu’enseignant ou en tant que parent d’un enfant dyspraxique, je vous invite à consulter cet article.

 

Dyspraxie symptômes, origines, accompagnement – Bibliographie

Des outils pour apprendre

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