Manque de sommeil et apprentissage 🎓😮

Le manque de sommeil est une cause majeure d’apparition de troubles de l’apprentissage mais les parents n’en sont que rarement conscients. Favoriser la sieste, augmenter la durĂ©e et la qualitĂ© du sommeil dit Ă  ondes lentes, assurer un endormissement sans Ă©cran, accepter un horaire de sommeil dĂ©calĂ© pour les adolescents 
 autant de « petites » actions nĂ©anmoins trĂšs efficaces que nous, parents, pouvons mettre en place pour faciliter l’apprentissage de nos enfants. Et c’est prouvĂ© par la recherche scientifique ! Apprenez ici pourquoi et comment un sommeil de qualitĂ© peut lui assurer un apprentissage efficace !

Manque de sommeil, preuves scientifiques des effets sur l’apprentissage

Parmi les facteurs qui vont dĂ©terminer la vitesse et la facilitĂ© avec laquelle nos enfants vont apprendre, nous savons que le sommeil joue un rĂŽle essentiel. En revanche, nous croyons souvent Ă  tort qu’il ne sert surtout qu’à Ă©viter que l’enfant soit fatiguĂ© au moment oĂč il doit apprendre. Comme si le sommeil n’avait qu’un rĂŽle protecteur et n’était lĂ  que pour Ă©viter une dĂ©tĂ©rioration des capacitĂ©s de l’enfant, en somme un systĂšme de rĂ©paration de la journĂ©e qui s’est Ă©coulĂ©e. Le sommeil est infiniment plus important que cela et joue un rĂŽle actif dans l’apprentissage.

manque de sommeil

DĂ©couverte 1: Le manque de sommeil va nuire Ă  l’apprentissage des Ă©lĂ©ments vu le jour mĂȘme et les jours prĂ©cĂ©dents 


La premiÚre découverte est déjà tout à fait incroyable !

Plusieurs expĂ©riences ont montrĂ© que si on teste des adultes 1, 2, 3, 4 voire mĂȘme 7 jours aprĂšs qu’on leur aie appris quelque chose, ces personnes vont restituer cet apprentissage de mieux en mieux, et ce:

  • mĂȘme s’ils sont testĂ©s longtemps aprĂšs avoir appris l’information
  • et sans qu’il y ait eu une « rĂ©vision » intermĂ©diaire 


ce qui indique que les nuits de sommeil qui se succÚdent apporte une amélioration continue qui consolide la connaissance (Walker M.P. Stickgold R., 2004).

manque de sommeil

Des nuits de sommeil successives (et un sommeil de qualitĂ© pendant ces nuits successives) vont consolider l’apprentissage des connaissances qui ont Ă©tĂ© vue le jour mĂȘme en classe par exemple mais aussi des connaissances qui n’ont pas Ă©tĂ© rĂ©visĂ©es rĂ©cemment !

Imaginez votre enfant revoit sa leçon d’histoire et part se coucher. La pĂ©riode de sommeil qui va suivre va consolider les notions d’histoire qu’il vient d’apprendre mais Ă©galement la leçon de mathĂ©matique apprise il y a une semaine de cela !

L’apprentissage s’amĂ©liore avec le temps:

  • mĂȘme si le moment de l’évaluation de cet apprentissage est tardif
  • et mĂȘme sans que l’élĂšve ai eu l’occasion de rafraichir sa mĂ©moire en rĂ©visant ce qui a Ă©tĂ© appris le jour juste avant d’aller dormir.

Les sommeils successifs ont donc un rĂŽle actif dans la consolidation de ce qui a Ă©tĂ© appris le jour mĂȘme mais aussi de ce qui a Ă©tĂ© appris des jours auparavant !!!

Ce qui sous-entend malheureusement Ă©galement que les troubles du sommeil n’affecte pas que l’apprentissage du jour Ă©coulĂ© mais aussi des jours prĂ©cĂ©dents !

 

Découverte 2: Mauvais sommeil, activité cérébrale et génétique 


Augmentation d’activitĂ© et expression gĂ©nĂ©tique diffĂ©renciĂ©e pendant le sommeil.

manque de sommeil

  • Pendant le sommeil, les chercheurs ont observĂ© une augmentation d’activitĂ© dans certaines zones du cerveau  (Walker M.P. Stickgold R., 2004) qui concorde avec l’hypothĂšse d’un transfert et d’une automatisation des apprentissages.
  • Il y a mĂȘme des gĂšnes dont l’expression est augmentĂ©e pendant le sommeil s’il y a eu un apprentissage la veille et qui sont connus pour gĂ©rer la plasticitĂ© cĂ©rĂ©brale, çàd cette capacitĂ© du cerveau de construire et modifier les rĂ©seaux neuronaux, ces “chemins” constituĂ©s par les neurones qui au final font des autoroutes, des embranchements et permettent la pensĂ©e, la rĂ©flexion, la logique 
 (Ribeiro, S., Goyal V., Pavlides C., 1999).

Autant dire que le sommeil n’a pas uniquement un rĂŽle “passif” de protecteur mais aussi un rĂŽle trĂšs “actif”. Le manque de sommeil est donc plus dĂ©lĂ©tĂšre que vous ne le pensez 


Pendant que votre enfant dort, son cerveau lui travaille à plein régime ! Au point que non seulement

  • certaines rĂ©gions sont en pleines surchauffe, les neurones s’affolent 

  • et que mĂȘme son ADN est “traduit” diffĂ©remment selon ce qu’il a appris !

 

DĂ©couverte 3: L’hippocampe n’aime pas les problĂšmes de sommeil 


L’hippocampe joue un rĂŽle essentiel dans la mĂ©morisation (Crane J, Milner B, 2002).

Pas l’animal marin ;-), non, plutĂŽt cette petite rĂ©gion du cerveau en rouge sur le schĂ©ma plus bas dans l’article


Les personnes qui ont lu cet article ont aussi lu :   Comment vendre du rĂȘve aux parents en 5 Ă©tapes🌮

L'hippocampe dans le cerveau

 

Les chercheurs ont dĂ©couvert que pendant le sommeil, cette structure du cerveau Ă©tait rĂ©activĂ©e localement en fonction des zones qui avaient Ă©tĂ© activĂ©es pendant l’expĂ©rience d’apprentissage qui avait eu lieu la veille (Wilson M.A., McNaughton B.L., 1994) et de plus, selon une sĂ©quence temporelle qui correspond Ă  celle de l’apprentissage qui a eu lieu la veille (Skaggs W.E. and Mc Naughton B.L., 1996).

En gros, tout se passe comme si le sommeil permettait au cerveau de rejouer la scĂšne d’apprentissage en accĂ©lĂ©rĂ©. Cette rĂ©activation des Ă©lĂ©ments de la journĂ©e et l’intĂ©gration dans la mĂ©moire Ă©tant justement ce qu’on appelle la consolidation des connaissances.

1, 2, 3 
 Maestro, rejouez moi la scùne 
mais avec tempo !

En résumé:

Le sommeil joue un rîle actif dans l’apprentissage car il permet, entre-autres 


  • aux informations acquises dans la journĂ©e et des jours auparavant de se rĂ©pĂ©ter
  • Ă  certaines rĂ©gions du cerveau de s’activer et Ă  certains gĂšnes d’ĂȘtre “traduits” selon ce qui a Ă©tĂ© appris
  • aux circuits de neurones de faire des embranchements et de ne pas disparaĂźtre puisqu’ils sont “utilisĂ©s.
  • Ă  l’hippocampe de se rĂ©veiller et de rejouer la scĂšne d’apprentissage en accĂ©lĂ©rĂ© pour consolider l’information 


Autant dire que cela va bien plus loin que le simple faite de se “reposer” 



Mais la « consolidation », c’est quoi – en bref ?

Comment votre enfant passe t’il d’informations qu’il vient d’apprendre Ă  des informations qu’il enregistre pour les rĂ©utiliser toute sa vie, quand il en a besoin ?

Vous ĂȘtes curieux ?

Alors voici une explication rapide qui vous montre par la mĂȘme occasion l’extraordinaire activitĂ© du cerveau pendant la nuit

Sinon rendez-vous au paragraphe suivant pour dĂ©couvrir les Ă©lĂ©ments clĂ©s d’un sommeil “rĂ©parateur” (et donc pas seulement)


 

  • Une des hypothĂšses, est qu’au dĂ©but de l’apprentissage le cortex prĂ©frontal est sollicitĂ© pour enregistrer des informations explicites, spĂ©cifiques, Ă©pisodiques ce qui demande un effort conscient de la part de celui qui apprend.
  • Ensuite, au cours du sommeil, l’hippocampe (en rouge sur le schĂ©ma), qui serait une espĂšce de base de donnĂ©es Ă  court terme qui enregistrerai de façon rapide ces informations Ă©pisodiques, se rĂ©activerait Ă  plusieurs reprises en rejouant en accĂ©lĂ©rĂ© la sĂ©quence d’apprentissage de ces informations de la veille.

Les informations mĂ©morisĂ©es dans l’hippocampe seraient alors Ă  nouveau transfĂ©rĂ©es vers le cortex, base de donnĂ©es long-terme, oĂč elles deviendraient des informations gĂ©nĂ©ralisables Ă  d’autres domaines, sĂ©mantiques et surtout consolidĂ©es (Diekelmann S., Born J., 2010).

 

insomnie

Source : Françoise Bertrand, Caroline Harand, Franck Doidy, Géraldine Rauchs, Inserm


Apprendre en dormant 
 Quel est le stade du sommeil qui est concerné ?

Comme vous le savez sans doute, le sommeil présente différentes phases qui ont chacune leur utilité pendant la nuit


Sommeil paradoxal

Le sommeil paradoxal, appelĂ© aussi pĂ©riode REM (Rapid Eye Movement) en raison de frĂ©quents mouvements oculaires rapides correspond Ă  une pĂ©riode durant laquelle l’activitĂ© cĂ©rĂ©brale est proche de celle de la phase d’éveil. C’est une phase dite « à ondes rapides » qui renforce les apprentissages perceptifs et sensori-moteurs qu’on appelle aussi mĂ©moire procĂ©durale çàd les automatismes dans certains gestes par exemple 


Sommeil Ă  ondes lentes

Le sommeil Ă  ondes lentes est celui qui nous intĂ©resse plus particuliĂšrement ici car c’est lui qui permet la consolidation et la gĂ©nĂ©ralisation des connaissances dĂ©claratives cĂ d la mĂ©moire du vocabulaire d’une langue Ă©trangĂšre par exemple ou le souvenir d’évĂšnements particuliers


 

phases sommeil

https://www.inserm.fr/information-en-sante/dossiers-information/sommeil

 

Les chercheurs ont montrĂ© que l’intensitĂ© des ondes lentes de cette phase est un paramĂštre essentiel de la mĂ©morisation (Marshall L., Helgadottir H., Molle M., Born J., 2006).

Ces recherches sont trĂšs prometteuses et pourraient aboutir dans le futur Ă  des mĂ©thodes qui nous permettraient d’amĂ©liorer le sommeil de façon artificielle (et donc de mieux consolider les apprentissages), notamment grĂące Ă  des stimulations auditives qui augmenteraient l’amplitude de ces ondes dites lentes (Ngo H.V., Martinetz T., Born J., Mölle M., 2013).

Ah oui super ! apprendre une langue en dormant 


Non
pas vraiment

Attention, il ne s’agit pas ici d’apprendre pendant le sommeil quelque chose qui n’a pas Ă©tĂ© appris auparavant grĂące Ă  des stimulations sonores
rien ne sert donc d’écouter en dormant une bande sonore d’italien en espĂ©rant maitriser cette langue au rĂ©veil 😉 DOMMAGE ! (bien essayĂ©)

 

apprendre en dormant


Et le manque de sommeil chez les enfants ? Activités nocturnes

 

Le sommeil est plus important chez l’enfant que chez l’adulte

Les effets dĂ©crits ci-dessus sont encore bien plus importants chez les enfants (Wilhelm I., Rose M., Imhof K.I., Rasch B., BĂŒchel C., Born J., 2013) !

manquer de sommeil

 

En effet, dans l’expĂ©rience ci-dessus, des enfants de 8 Ă  11 ans apprennent de façon implicite une sĂ©quence motrice.

Pourquoi implicite ? car on ne leur dit pas qu’ils doivent retenir une sĂ©quence particuliĂšre, juste qu’ils doivent appuyer sur une touche quand la lumiĂšre correspondante s’allume. Il ne savent donc pas consciemment qu’il doive retenir la sĂ©quence.

On sépare les enfants en deux groupes:

  • Pour le premier groupe d’enfants, on fait suivre cet apprentissage d’une sĂ©quence de veille, ils n’ont pas l’occasion de se reposer.
  • Pour l’autre groupe d’enfants, on fait suivre cette sĂ©quence d’apprentissage d’une sĂ©quence de sommeil.

On leur demande ensuite s’ils se rappellent la sĂ©quence apprise antĂ©rieurement, ils ne savaient pas, jusqu’à ce moment prĂ©cis, qu’ils seraient testĂ©s. On compare leurs rĂ©sultats Ă  ceux d’adultes qui font le mĂȘme test et les rĂ©sultats sont surprenants :

  • D’abord, chez les enfants qui ont pu dormir aprĂšs la sĂ©quence d’apprentissage, il y a une amĂ©lioration considĂ©rable, bien plus importante que chez l’adulte, de la tĂąche sur laquelle ils sont Ă©valuĂ©s.
  • Ensuite, les chercheurs se sont rendu compte que le sommeil des enfants Ă©tait plus profond et que les fameuses « ondes lentes » Ă©taient d’une magnitude supĂ©rieure Ă  celles des adultes.
  • Enfin, l’activitĂ© de l’hippocampe, lorsque ces enfants doivent se rappeler la sĂ©quence motrice, est plus importante que celle de l’adulte.

Tout cela pour dire, qu’à durĂ©e Ă©gale de sommeil lent, la consolidation des connaissances qui s’opĂšre chez l’enfant est beaucoup plus importante que chez les adultes !

Un dĂ©ficit de sommeil prĂ©sente un risque accru chez l’enfant par rapport Ă  l’adulte !

déficit

 

La sieste est un atout majeur

Une autre expĂ©rience, rĂ©alisĂ©e en maternelle cette fois, montre qu’une sieste peut considĂ©rablement amĂ©liorer les apprentissages.  Si on teste des enfants avec un jeu de mĂ©moire classique dans lequel il est question de retenir la position d’images sur un Ă©cran, on observe une amĂ©lioration considĂ©rable de la mĂ©moire chez les enfants qui ont fait une sieste. Ils ont moins d’oublis et ce, mĂȘme si ces enfants sont testĂ©s 24h plus tard, cĂ d quand tous les enfants ont eu l’occasion d’avoir une nuit de sommeil. Ceci prouve qu’il ne s’agit pas (uniquement en tout cas) d’éviter par la sieste la fatigue de l’enfant mais que rĂ©ellement une sĂ©quence de sommeil (la sieste donc) va permettre de consolider l’apprentissage qui vient d’avoir lieu (Kurdziel L., DUclos K, Spencer R.M.C., 2013) !

Les personnes qui ont lu cet article ont aussi lu :   SĂ©paration des parents: aider l'enfant Ă  surmonter cette Ă©preuve

sieste

Les auteurs de cet article montrent aussi que les enfants qui ont moins bien rĂ©ussi au test ont un besoin de sommeil plus important que ceux qui ont rĂ©ussi. Comme s’ils avaient encore besoin de consolider des apprentissages contrairement Ă  l’autre groupe d’enfants. Les auteurs en concluent qu’il ne faut pas nĂ©cessairement obliger un enfant Ă  faire la sieste s’il refuse mais en revanche ĂȘtre attentif Ă  le laisser faire s’il en Ă©prouve le besoin car celui-ci coĂŻncide Ă  un besoin du cerveau de consolider un apprentissage.

Manque de sommeil et manque d’attention

La qualitĂ© du sommeil de l’enfant est primordiale pour assurer son attention en classe. Un dĂ©ficit d’attention peut donc trĂšs bien s’expliquer en tout ou en partie par un dĂ©ficit de sommeil.

L’augmentation de la profondeur du sommeil facilite Ă©galement l’apprentissage chez les enfants atteints de troubles de l’attention ce qui pourrait indiquer que ces troubles dont les causes sont multiples prendraient racine notamment dans un sommeil trop court ou de mauvaise qualitĂ© (PrehnKristensen A., Munz M., Göder R., Wilhem I., Korr K., Vahl W., Wiesner C., Baving L., 2014). Les recherches futures se concentrent d’ailleurs sur le lien, sans doute causal, entre d’une part le sommeil et d’autre part les troubles de l’attention qu’on observe Ă©galement dans l’autisme.

manque d'attention

Une bonne nuit et un sommeil de qualitĂ© sont donc des Ă©lĂ©ments Ă  surveiller chez tous les enfants mais certainement plus particuliĂšrement chez ceux qui prĂ©sentent des troubles de l’apprentissage.


Alors, concrĂštement, que pouvons-nous faire pour les aider ?

Maintenant que vous ĂȘtes convaincus qu’une pĂ©riode de sommeil, mĂȘme courte, amĂ©liore activement l’apprentissage de votre enfant, vous vous demandez quoi faire concrĂštement


Quelle est finalement l’importance de ces dĂ©couvertes dans le domaine des apprentissages scolaires et quelles sont les actions concrĂštes que nous pouvons avoir, nous en tant que parents, pour amĂ©liorer le sommeil de nos enfants et leurs permettent d’apprendre mieux et plus facilement ?

AmĂ©liorer la durĂ©e et la qualitĂ© du sommeil semble ĂȘtre la premiĂšre chose Ă  considĂ©rer. SpĂ©cialement si votre enfant souffre de troubles de l’attention. Cependant amĂ©liorer la durĂ©e et la qualitĂ©, cela veut dire quoi au juste ?

 

Améliorer la durée du sommeil lent

Quand se coucher ? Manque de sommeil et horaires inadaptés

La sociĂ©tĂ© amĂ©ricaine de mĂ©decine de sommeil a publiĂ© un article qui regroupe les rĂ©sultats de plus de 800 recherches menĂ©es partout dans le monde sur la durĂ©e idĂ©ale de sommeil par jour recommandĂ©e selon l’ñge de l’enfant (Shalini Paruthi, MD et all., 2016) et il en ressort ce qui suit :

  • Enfants de 3 Ă  5 ans : 10 Ă  13 heures de sommeil (siestes incluses)
  • Enfants de 6 Ă  12 ans : 9 Ă  12 heures de sommeil
  • Adolescents de 13 Ă  18 ans : 8 Ă  10 heures de sommeil

Combien d’heures par nuit dort votre enfant ?

Vous avez Ă©galement sans doute dĂ©jĂ  vu le tableau suivant (“source” : internet, une certaine “Diane Lalancette”) qui tente de guider les parents sur l’heure de coucher des enfants selon leur heure de rĂ©veil spontanĂ© ?

heures du coucher

 

Il a le mĂ©rite de rappeler Ă  certains parents (y compris moi j’avoue) que si un enfant de 6 ans se lĂšve spontanĂ©ment Ă  07.00 du matin, il est censĂ© se coucher vers 20.00 la veille 
 (pas toujours Ă©vident, je sais) ce qui respecte donc 11h de sommeil Ă  cet Ăąge.

Cependant, je pense personnellement que ce tableau est un peu hermĂ©tique et que chaque enfant Ă©tant diffĂ©rent, il aura des besoins en termes de durĂ©e du sommeil qui lui sont propres. En effet, si on en croit l’article plus haut dont nous venons de parler et qui rĂ©sume des annĂ©es de recherches dans ce domaine, un enfant de 6 ans peut avoir des besoins de sommeil qui varie entre 9 et 12 heures de sommeil par jour 
 A quoi peut donc bien correspondre ces heures dĂ©taillĂ©es au quart d’heure prĂšs ? A rien !

De plus, il faut tout de mĂȘme signaler que les informations Ă  partir desquelles ce tableau a Ă©tĂ© Ă©tabli sont difficiles Ă  trouver (vous pouvez me laisser un commentaire pour m’éclairer si vous avez plus d’informations). Dans tous les cas, rien ne se trouve (Ă  ma connaissance) dans la base de donnĂ©es des articles de recherche (PubMed pour ne pas le citer). Alors que le tableau lui, est partout sur internet 
 A considĂ©rer avec prĂ©caution donc


Le mieux est sans doute de connaßtre les rythmes biologiques de votre enfant, ses heures de coucher et de réveil spontanés et de respecter ce rythme pour éviter le manque de sommeil chronique.

J’en fais mention dans l’article qui suit et qui traite de gestion du temps pour les enfants, en pĂ©riode de rĂ©vision par exemple 


Cours particulier de gestion du temps et d’organisation ⏱ 🎓

La sieste

Nous avons tous un rythme biologique prĂ©dĂ©terminĂ© qui nous est propre et qui dicte les moments de la journĂ©e oĂč nous seront le moins ou le plus efficace. Nos Ă©tats de fatigue dĂ©pendent surtout des cycles de mĂ©latonine et de cortisol que nous produisons pendant la journĂ©e.

Sachant que les deux grands pics de somnolence se situant entre 22.00 et 07.00 du matin et entre 13.00 et 15.00 de l’aprĂšs-midi, il est utile d’adapter sa journĂ©e, d’étude par exemple, pour bĂ©nĂ©ficier de ces moments de somnolence et consolider ses apprentissages en profitant d’une bonne nuit rĂ©paratrice (mais pas que) et d’une sieste.

Pourquoi se forcer Ă  travailler de façon inefficace pendant ces heures « creuses » alors qu’une sieste par exemple, mĂȘme courte, peut amĂ©liorer la sĂ©quence d’apprentissage qui vient d’ĂȘtre faite ?

De plus, il semblerait qu’un bĂ©nĂ©fice maximal soit obtenu quand le sommeil survient dans les heures qui suivent l’apprentissage. Ceci est surtout vrai chez les petits enfants, la sieste est donc essentielle pour eux bien qu’elle soit bĂ©nĂ©fique Ă  tous les Ăąges


Les personnes qui ont lu cet article ont aussi lu :   RĂ©ussite scolaire chez les Ă©lĂšves qui se testent rĂ©guliĂšrement 🎓😎

Ne vous en privez pas, n’en privez pas vos enfants et pensez à tout ce que votre cerveau fait pendant que vous dormez


Aucune raison de culpabiliser !

sommeil de qualité

 

Les adolescents et le manque de sommeil

Ah 
le manque de sommeil chez les adolescents 


En ce qui concerne les adolescents, contrairement à la croyance populaire, ils ne sont pas fainéants de nature.

S’ils se couchent et se rĂ©veillent plus tard, ce n’est pas dĂ» Ă  une mauvaise volontĂ© de leur part mais plutĂŽt Ă  leur cycle de sommeil qui est dĂ©calĂ© par rapport Ă  celui des enfants et des adultes. La cause en est biologique et non comportementale. PlutĂŽt que de se confronter Ă  votre adolescent, il est donc peut-ĂȘtre plus opportun de s’adapter Ă  son rythme particulier. J’en parle Ă©galement dans cet article sur le respect d’un planning en pĂ©riode d’examen.

adolescent

Laissez votre adolescent dormir plus tard le matin et travailler plus tard le soir 
 c’est son rythme propre. Ne le laissez par contre pas dormir toute la journĂ©e 
 ;-). Si son oreiller est devenu son meilleur ami, c’est qu’un autre problĂšme se pose !

 

Améliorer la qualité du sommeil lent

Au-delà de la durée de sommeil, la qualité du sommeil est un enjeu tout aussi important.

Comme discutĂ© plus haut, le sommeil Ă  ondes lentes est primordial pour la consolidation de l’apprentissage. L’amplitude de ces ondes va dĂ©terminer la profondeur du sommeil et l’ancrage des connaissances qui ne peut ĂȘtre atteinte qu’avec une qualitĂ© de sommeil suffisante.

Les Ă©crans

Pour ne citer un exemple de perturbateur de sommeil : les Ă©crans. La littĂ©rature scientifique abonde en articles de recherche qui montre les effets nĂ©fastes de l’utilisation des Ă©crans non seulement (et bien sĂ»r) sur la durĂ©e du sommeil mais aussi sur la qualitĂ© du sommeil (LeBourgeois MK1, Buxton OM, 2017). Ce n’est plus un secret pour personne qu’il ne faut pas s’endormir en regardant son Gsm, ni aprĂšs avoir jouĂ© aux jeux vidĂ©o.

PlutĂŽt que d’imposer Ă  son adolescent une heure de coucher, n’est-il pas prĂ©fĂ©rable de lui interdire les Ă©crans pendant un laps de temps suffisamment long avant qu’il ne s’endorme ?

endormissement

Éviter les mauvaises habitudes avant l’heure du coucher est aussi une action concrĂšte facile Ă  mettre en place pour amĂ©liorer l’apprentissage.

Le stress

Les angoisses (notamment liées aux performances scolaires) sont aussi des perturbateurs du sommeil lent.

RĂ©veils nocturnes, insomnies rĂ©pĂ©titives, anxiĂ©tĂ© 
 il existe des outils pour contrer le mauvais stress de votre enfant, notamment en pĂ©riode d’examens et transformer ce mauvais stress en motivation qui va le galvaniser Ă  accomplir de grandes choses 


8 outils pour combattre le stress et le transformer en motivation đŸ’Ș

Des causes physiologiques et psychologiques

Si des troubles du sommeil persistent chez votre enfant, n’hĂ©sitez pas Ă  consulter un spĂ©cialiste (par exemple mĂ©decine du sommeil) qui Ă©tablira un diagnostique prĂ©cis. ApnĂ©e du sommeil, perturbation du rythme circadien, diabĂšte, manque d’activitĂ© physique, hypertension, mauvaise hygiĂšne de sommeil, mauvaises habitudes alimentaires, problĂšmes du mĂ©tabolisme, prise inconsciente d’excitants, somnambulisme, anxiĂ©tĂ©, cauchemars; 
 les causes peuvent ĂȘtre trĂšs variĂ©es et multiples


AmĂ©liorer la rĂ©partition des temps d’apprentissage

Si on veut bĂ©nĂ©ficier au mieux de cet alternance « veille – sommeil », il vaut mieux Ă©tudier tous les jours et dormir correctement chaque soir que d’étudier tout Ă  la fin de l’annĂ©e (en pĂ©riode d’examen par exemple) en dormant moins que ce dont nous avons besoin 
RĂ©partir les temps d’apprentissages semble donc ĂȘtre le meilleur choix pour consolider les connaissances progressivement et surtout efficacement.

 

mauvaises habitudes

Vous trouverez dans cet article “Comment bien rĂ©viser 
” tout ce qu’il faut savoir pour rĂ©partir correctement les pĂ©riodes d’étude afin d’apprendre le plus efficacement possible 


  • Apprentissage distribuĂ© et massĂ©
  • RĂ©pĂ©tition avec alternance des sĂ©quences pĂ©dagogiques
  • Alternance veille-sommeil dont nous venons de parler 

  • Etc

Comment bien rĂ©viser – les 3 piliers de la mĂ©morisation đŸ‘©â€đŸ«

 

VoilĂ , j’espĂšre de tout cƓur que cet article ” Manque de sommeil et apprentissage ” vous aura dĂ©montrĂ© l’importance du sommeil pour l’apprentissage de vos enfants et vous aura donnĂ© les pistes de rĂ©flexion pour agir en toute connaissance de cause 


N’hĂ©sitez pas Ă  me laissez vos commentaires, Ă  partager, Ă  liker, Ă  super liker mĂȘme voire Ă  vous abonner Ă  mon blog. Vous ĂȘtes de plus en plus nombreux, cela fait chaud au cƓur ! 🙂

Et puis surtout, n’oubliez pas de bien dormir !

 

Des outils pour apprendre

 

Manque de sommeil et apprentissage – Bibliographie

Crane J, Milner B. (2002). Do I know you ? Face perception and memory in patients with selective amygdalo-hippocampectomy. Neuropsychologia, 40(5):530-8.

Diekelmann S., Born J. (2010). The memory function of sleep. Nat Rev Neuroscience, 11(2): 114-26.

Huber R., Ghilardi M.F., Massimini M., Tononi G. (2004). Local sleep and learning. Nature, 430(6-995), 78-81.

Kurdziel L., DUclos K, Spencer R.M.C. (2013). Sleeps pindles in midday naps enhance learning in preschool children. Proc.Natl.Acad.SCi., 110, 17267-17272.

Marshall L., Helgadottir H., Molle M., Born J. (2006). Boosting slow oscillations during sleep potentiates memory. Nature, 444(7119), 610-3.

Ngo H.V., Martinetz T., Born J., Mölle M. (2013). Auditory loop stimulation of the sleep slow oscillation engances memory. Neuron, 78(3), 545-553.

PrehnKristensen A., Munz M., Göder R., Wilhem I., Korr K., Vahl W., Wiesner C., Baving L. (2014). Transcranial oscillatory direct current stimulation during sleep improves declarative memory consolidation in children with attention deficit/hyperactivity disorder to a level comparable to healthy controls. Brain stimulation, 7(6):793-9.

Ribeiro, S., Goyal V., Pavlides C. (1999). Brain gene expression during REM sleep depends on prior waking experience. Learning and Memory, 6(5), 500-508.

Skaggs W.E. and Mc Naughton B.L. (1996). Replay of neuronal firing sequences in rat hippocampus during sleep folowing spatial experience. Science, 271(5257), 1870-1873.

Walker M.P. Stickgold R. (2004). Sleep-dependent learning and memory consolidation. Neuron, 44(1), 121-33.

Walker M.P., Stickgold R. (2006). Sleep, memory, and plasticity. Annu Rev Psychol, 57:139-66.

Wilhelm I., Rose M., Imhof K.I., Rasch B., BĂŒchel C., Born J. (2013). The sleeping child outplays adult’s capacity to convert implicit into explicit knowledge. Nature Neuroscience, 16(4), 391-393.

Wilson M.A., McNaughton B.L. (1994). Reactivation of hippocampal ensemble memories during sleep. Science, 265(5172), 676-679.

Manque de sommeil et apprentissage

Manque de sommeil, comment le contrer.

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2 thoughts on “Manque de sommeil et apprentissage 🎓😮”

    1. Sarah Carpentier says:

      Bonjour Olivier, difficile de trouver le bon rythme surtout mais oui effectivement le sommeil est essentiel pour que le cerveau puisse “rejouer la scĂšne” des apprentissages de la journĂ©e donc sans doute mieux vaut ne pas sous-estimĂ© les besoins en sommeil de vos enfants. Quels Ăąges ont-ils ?

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