Booster son estime de soi avec “Jacques a dit …”

Quel est le pire ennemi de votre enfant quand il s’agit de réussite scolaire ? : Un mauvaise estime de soi, un manque de confiance en ses capacités et la démotivation qui en découle. Et si je vous disais que jouer à Jacques a dit pouvait aider votre enfant à prendre confiance en lui ! Jouer, c’est apprendre dans tous les domaines, y compris apprendre à se connaître soi-même et à avoir une bonne image de soi !

L’estime de soi est une chose fragile qui varie aux gré de nos réussites et de nos échecs.

Avec l’expérience, nous, adultes, nous arrivons à relativiser ce que sont ces réussites et ces échecs.

C’est moins le cas pour les enfants et les ados qui, en pleine construction d’eux-mêmes, questionnent continuellement qui ils sont et quelles sont leurs capacités. Comment pouvons-nous les aider à prendre confiance et à considérer les échecs, non pas comme une fatalité mais bien comme une occasion de progresser ?

Cet article participe à un carnaval d’articles organisé par la rédactrice du blog Tidudi sur le thème « Apprendre par le jeu ». Quoi de plus gratifiant que d’aider nos enfants à apprendre tout en s’amusant ? Le blog Tidudi aide de nombreux parents dans cette voie !

Mais venons-en au fait

Les deux théories de l’intelligence et une estime de soi faussée

estime de soi

Deux théories de l’intelligence s’affrontent. L’une, dite dynamique, selon laquelle les élèves comprennent que leur potentiel intellectuel peut et va se développer avec le temps et des efforts réguliers.

L’autre, dite statique, et malheureusement partagée par la majorité des élèves, selon laquelle l’intelligence est une disposition innée, qu’on acquiert à la naissance et qui est immuable.

Vous voyez l’erreur ?

La théorie statique a évidemment de lourdes conséquences dans la relation qu’à un enfant à sa scolarité.

Échec et fausse croyance …

Ce sont les élèves présentant des troubles de l’apprentissage qui sont les plus enclins à développer ce type de croyance limitante. Les élèves dyslexiques par exemple, vont progressivement adhérer à la théorie statique de l’intelligence car ils sont confrontés à des échecs répétés en dépit de leurs efforts (Perret, Dumesny, Grandjean, & Muonghane, 2011).

estime de soi

Il est donc essentiel d’enseigner à un enfant, un adolescent comment fonctionne son cerveau pour rétablir sa confiance en ses capacités et sa progression.

Il doit oser sortir des pensées négatives qui sont devenues sa zone de confort …

 

Adhérer à la théorie de l’intelligence qui booste l’estime de soi !

Cela dit, vous savez comme moi qu’en tant que parents, nous serons peu entendus ! Nous pouvons discuter avec eux des heures … de là à ce qu’il y croit … hum !

  • Les encouragements mal formulés développent chez l’enfant une dépendance vis-à-vis du regard des autres. J’en parle dans cet article. Comment féliciter positivement son enfant ? càd comment l’encourager tout en ne faisant pas retomber dans une conception statique de ses capacités ou de ses difficultés: “Tu es intelligent …donc tu vas y arriver” …versus “Tu travailles…donc tu vas y arriver”…

Aide aux devoirs, guide de survie pour parents 😨

  • Les encouragements qui ne sont pas étayés par des faits (les compliments) ne sont pas d’une grande efficacité non plus …
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Alors comment faire ? Mettre en avant ses réussites et comment il y est parvenu … oui

et parfois simplement …Jouer ! Jouer ?

Oui, Jouer pour lui apprendre en direct comment fonctionne son cerveau et surtout qu’il la possibilité d’influencer, d’entraîner ce cerveau !

 

Cultiver une bonne estime de soi – Jacques m’a dit comment fonctionne mon cerveau

confience en soi

  • « Jacques a dit fais la roue »
  • “Fais la roue” …

“Aie aie aie … tu as fais la roue mais Jacques n’avait rien dit !”

S’il y a bien un jeu simple et amusant qui peut occuper un enfant pendant longtemps, c’est celui-là !

Dans ce jeu, il faut se rappeler que seul Jacques peut donner un ordre. L’enfant qui n’entend pas « Jacques a dit » avant l’ordre donné ne doit donc pas bouger. S’il bouge, il est éliminé (ou perd un point).

Ce jeu vise donc à enseigner à l’enfant :

  • Le respect d’une consigne orale (de la consigne la plus simple à la plus complexe) puisqu’il faut exécuter l’ordre correctement (ne pas se gratter la tête si « Jacques a dit : mettre la main sur la tête »).
  • MAIS AUSSI l’inhibition de la « primauté de l’action motrice sur l’attention perceptive », càd, en bref : inhiber un geste, une action motrice qui sera toujours plus « automatique » que l’écoute et l’enregistrement de la consigne …

En effet, le cerveau de l’enfant dispose de deux types de stratégies quand il doit résoudre un problème :

  • Le système « heuristique » : c’est l’intuition, l’automatisme, qui permet à l’enfant de répondre de façon rapide et efficace sans perdre trop d’énergie. Ce système est rapide mais pas toujours fiable, comme on le voit dans le jeu de Jacques a dit quand l’enfant fait l’action intuitivement sans avoir respecté la consigne orale …
  • Le système « algorithmique » : c’est la logique, la réflexion, qui demande plus d’effort à l’enfant mais qui est également plus fiable. L’enfant doit réfléchir pour s’assurer que l’ordre était bien précédé de « Jacques a dit » avant d’exécuter l’ordre.

 

brain

Source : https://www.scienceshumaines.com/reflechir-c-est-resister-a-soi-meme-rencontre-avec-olivier-houde_fr_33514.html

Estime de soi: Voilà où l’enfant peut se voir en train d’agir sur son cerveau…

estime de soi

Après quelques minutes du jeu « Jacques a dit… », l’enfant est capable de mettre en action son « système d’inhibition » qui va interrompre le système heuristique, son INTUITION, pour activer le système algorithmique, sa REFLEXION.

L’enfant aura bien d’autres occasions – et très tôt, dès l’apprentissage de l’écriture et les premiers problèmes mathématiques – de mettre en œuvre ce système d’inhibition qui l’empêchera de tomber dans les pièges qu’on appelle en neuroscience, des « biais cognitifs ».

Ce qui est magique dans ce cas-ci est que le seul fait de jouer à un jeu permet à l’enfant dès le plus jeune âge de comprendre que ces biais cognitifs, ces « pièges » existent MAIS qu’il est capable d’entraîner son cerveau à les éviter.

Il sort dès lors de cette conception statique de l’intelligence càd de cette croyance qu’il est intelligent (ou pas) et qu’il n’y peut rien. Et peut dès lors adhérer à la conception dynamique de son intelligence càd adhérer à l’idée qu’en faisant des efforts, il finira par y arriver car il aura « entraîné » son cerveau.

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Cerveau en mode « décongélation » … Ego en mode “réparation” …

 

 

Estime de soi – Éliminer les fausses croyances pour aider son enfant et plus tard son ado

confiance en soi

Aider son enfant à re-prendre confiance en lui c’est avant tout comprendre quelles sont ces croyances et la représentation qu’il a de lui-même.

En tant que parents, on se rend compte que l’enfant est, déjà très jeune, bourré de croyances limitantes et fausses qui vont l’impacter plus tard, notamment dans ses apprentissages.

Il est essentiel de confronter ces croyances à la réalité, aux faits pour renforcer l’estime de soi.

Comme nous l’avons vu, il est possible de démontrer cette réalité par le jeu ! de confronter les pensées positives et négatives de l’enfant aux faits tout en s’amusant !

Une pensée spéciale pour tous ces enfants qui connaissent des difficultés d’apprentissage malgré tous leurs efforts et une pensée spéciale également pour tous ces parents bienveillants qui les accompagnent au jour le jour !

 

L’effet Pygmalion

Ne sous-estimez pas l’influence que vous avez sur la réussite de votre enfant. Rien que dans votre regard, votre façon de vous exprimer, vos attitudes en général, l’enfant perçoit vos attentes mais aussi et surtout l’opinion de vous avez de lui et cette opinion va influencer son estime personnelle ! C’est prouvé scientifiquement qu’un enfant en qui ses parents croient va renforcer sa confiance en soi. C’est ce qu’on appelle l'”effet Pygmalion“.

Effet Pygmalion – Rencontrer un professeur qui change la donne ☀️

Image de soi négative, sentiment d’infériorité, peur des jugements, dévalorisation, faible estime de soi et de ses capacités, déprime, isolement, mal-être, phobie scolaire parfois…pour certains.

Jacques a dit « Ne perdez pas courage ! »

 

Ne pas catégoriser

étiquettes

Votre opinion sur votre enfant compte, comme vu venez de le voir.

L’effet Pygmalion est scientifiquement prouvé.

Pour cette raison, il est essentiel de ne pas tomber dans une catégorisation de l’enfant qui est une autre façon de l’enfermer dans une vision statique de lui-même

Si vous pensez que votre enfant est “cerveau droit” plutôt que “cerveau gauche” … qu’il est “auditif” plutôt que “visuel” …qu’il a une intelligence “interpersonnelle” plutôt que logique …cela aura des conséquences sur son apprentissage:

  • d’une part car cela le cantonne dans une vision que vous avez de lui et qu’il aura, à terme, de lui-même: “Je ne serais jamais bon en mathématiques puisque j’ai une “intelligence interpersionnelle” mais pas “logique”… Je n’ai donc pas besoin de travailler mes mathématiques puisque de toute façon je n’y arriverai jamais …”.  “Je n’ai pas besoin de relire le cours puisque je suis “auditif”, j’ai déjà appris en écoutant le professeur …”

Cela influencera non seulement la confiance et l’estime qu’il a en lui mais aussi les choix qu’il fera plus tard (orientation professionnelle, choix de stratégies d’apprentissage et abandon de stratégies “non adaptées à son profil”, …)

  • d’autre part car ces catégorisations sont totalement fausses ! La distinction cerveau droit, cerveau gauche …les types d’intelligence …les “profils” d’apprentissage … sont des NEUROMYTHES. La science a prouvé expérimentalement que ce sont des idées construites, totalement infondées sur le plan du fonctionnement cérébral et qui n’ont aucune influence sur la réussite des élèves ! Cliquez ici si vous voulez en savoir plus.
Les personnes qui ont lu cet article ont aussi lu :   Cerveau droit ou gauche ? Attention Neuromythe ...

Catégoriser un élève a pour but (louable) de vouloir adapter l’apprentissage aux différences interpersonnelles de chacun.

Chaque enfant est unique, chaque enfant mérite donc qu’on adapte l’enseignement, le matériel pédagogique etc à son unicité.

Mais le catégoriser c’est non seulement l’enfermer dans l’image que nous avons de lui mais en plus lui fermer des portes, lui refuser des possibilités d’apprendre mieux (varier les supports pédagogiques, varier le type d’interaction avec le professeur, entraîner son cerveau là où des difficultés apparaissent …).

Et si comprendre le fonctionnement du cerveau et le libérer de la glace commençait par changer notre propre vision des choses en tant que parent ?

Intelligence multiple, VAKOG et s’il était plus efficace de reconnaître des “attitudes” d’apprentissage ?

 

Estime de soi – Une petite anecdote amusante

Jacques a dit

Saviez-vous que le jeu « Jacques a dit… » est pratiqué dans la majorité des pays européens et que ses variantes sont révélatrices de la culture du pays considéré ? Cliquez ici pour lire les anecdotes et l’histoire de « Jacques a dit » dans les différents pays en question. Fous rire garantis !

 

Estime de soi – Les jeux d’attention

D’autres jeux d’attention existent et peuvent aider l’enfant à comprendre qu’il a du pouvoir sur son cerveau quand il arrive à inhiber sa pensée automatique.

Parmi ceux-ci notons par exemple: Pigeon qui vole.

Celui qui mène le jeu énumère devant les participants des noms d’objets, d’animaux, de personnes en y ajoutant l’affirmation: “vole!”. Par exemple: “Lampe …vole!”; “Lapin…vole!”; “Hirondelle…vole!”. Les joueurs doivent se mettre debout à chaque fois que le sujet de la phrase vole effectivement (dans ce cas-ci uniquement l’hirondelle). Ils doivent rester assis si le sujet de la phrase ne vole pas (par exemple la lampe …). Celui qui se trompe est éliminé, perd un point ou reçoit un gage.

Et vous, avez-vous connaissance d’autres jeux qui peuvent aider un enfant à prendre conscience de sa capacité à entraîner son cerveau ?

 

Connaître son cerveau, avoir confiance et réussir !

N’hésitez pas à partager cet article s’il vous a inspiré !

Des outils pour apprendre

 

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Estime de soi – Bibliographie

  • Bago B1, F. D. (2018). Fast and slow thinking: Electrophysiological evidence for early conflict sensitivity. Neuropsychologia. , Aug;117:483-490.
  • Houdé O1, B. G. (2015). Evidence for an inhibitory-control theory of the reasoning brain. Front Hum Neurosci., Mar 23;9:148.
  • Marwaha S1, G. M. (2017). Prevalence of Principles of Piaget’s Theory Among 4-7-year-old Children and their Correlation with IQ. J Clin Diagn Res., Aug;11(8):ZC111-ZC115.
  • Perret, Dumesny, Grandjean, & Muonghane. (2011). Troubles des apprentissages et théories implicites de l’intelligence. Développements, 35-42.
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5 thoughts on “Booster son estime de soi avec “Jacques a dit …””

  1. C’est vraiment super intéressant de comprendre comment quelque chose d’aussi important que la confiance en soi se construit dans le cerveau ! Merci pour ce contenu 🙂 Je n’avais jamais pris conscience de la portée du jeu ” Jacques a dit” qui doit vraiment pouvoir permettre en plus de discuter avec les enfants et de leur expliquer pourquoi c’est important qu’ils se fassent confiance! je crois que ca devrait être une matière à part entière dans le système scolaire tellement c’est important et tellement ca peut faire défaut !

  2. Parents en Equilibre says:

    Sarah a dit que Jacques a dit que mon cerveau a beaucoup de choses à me dire ! 🙂
    Un jeu que j’affectionne particulièrement également… parce qu’on peut l’amener dans plein d’univers imaginaires différents

  3. jungsoo77130 says:

    Superbe article et superbe méthode !
    Tellement d’informations dans ce texte qu’il va me falloir le relire encore et encore pour tout intégrer, mais c’est vraiment passionnant. Cette plongée dans le cerveau de l’enfant pour comprendre comme nous, adultes, devons agir et réagir pour permettre à l’enfant de se développer et évoluer sans se perdre.
    Merci beaucoup pour ce contenu tellement riche.

  4. pierrefavrebocquet says:

    Du développement de l’estime de soi a la construction d’un “enfant roi” et de l’impuissance apprise à la surévaluation des capacité de l’enfant, il y a une ligne de crête à trouver qui rend l’art de l’éducation passionnante!

    1. Sarah Carpentier says:

      Bonjour Pierre. Selon moi, un enfant roi ce n’est pas un enfant qui surévalue ses capacités mais plutôt qui surévalue son importance dans le monde … d’où la nécessité de rapporter les faits, les processus d’apprentissage et de ne pas tout ramener à l’individu …

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